Namasté

Dès la première écoute d’une chanson de Namasté, l’oreille est accrochée. Le mélange des genres fait mouche instantanément ! Le Transistor, intrigué, n’a pas pu résister à l’envie d’aller rencontrer le groupe. Kenzo et Raphaël raconte comment, tout naturellement, le groupe s’est formé et d’où leur vient cette envie de jongler avec les styles pour trouver la couleur qui leur plaît.

Aux débuts, Namasté c’est Kenzo et Raphaël, qui se connaissent depuis qu’ils sont tout petits. « Difficile de mettre un âge sur notre rencontre, mais à dix ans, on jouait déjà ensemble. Je faisais de la batterie, Kenzo faisait du clavier et on jammait, on trippait. Puis on s’est un peu éloignés pendant quelques années, mais quand j’ai commencé à écrire des chansons… En fait, je jouais du violoncelle et de la batterie. Puis j’ai eu envie de composer, donc je me suis mis à gratouiller et à chanter pour m’accompagner en fait. Et à partir du moment où j’ai eu quelques morceaux sympas, j’ai eu envie de monter un truc sérieux, donc je suis retourné voir Kenzo. Et ça, c’était y’a cinq ans, un truc comme ça.”

Namasté

Quand ils ont commencé à faire des concerts dans des cafés, ils ont décidé de monter le groupe. « Au début, on avait des musiciens, surtout des amis, qui venaient bosser avec nous. Notamment Jules, qui était notre bassiste et qui est maintenant notre manager. » explique Kenzo. Raphael voit cette période comme nécessaire et instructive : « Ca avait encore une couleur très acoustique, très petite équipe, très jazz même un peu. Au final, ça a été constructif de jouer avec des gens différents. Parce qu’au final c’est pas que de la musique, c’est beaucoup de rapports humains. Et avec toutes les petites dates qu’on a faites, on a appris des choses incroyables. J’ai l’impression qu’on a suivi le chemin normal en fait. Tranquillement… »

Tous les musiciens de Namasté ont été recrutés au détour de rencontres musicales. Raphaël se souvient de sa rencontre avec Octavio, le violoncelliste : « Au début, c’était un ancien pote de Kenzo, ils étaient ensemble dans un lycée musique. Il est venu à notre concert, quand on a fait Emergenza en 2008, au Gibus. On s’est rencontré, on s’est super bien entendu, peut-être parce que j’ai fait du violoncelle quand j’étais petit. Surement parce qu’on choisit pas son instrument par hasard, donc ça correspond un peu au caractère des gens. Résultat, on a jammé toute la nuit ! » Pour Kenzo, pour chaque membre, c’était sur un coup de coeur. « Pour Benoit et Reda, Raphaël les avait rencontrés sur un projet sur lequel il bossais comme ingénieur du son. Et on a connu Pat par Octavio, ils jouaient ensemble avec Spleen. Du coup, Pat a enregistré pas mal de beat-box sur l’EP. Mais son projet principal a toujours été Twin Twin, on le savait, et maintenant avec les emplois du temps… » De six membres, ils sont passés cinq.

Maintenant qu’ils forment un groupe, que la formation est définitive, tout le monde participe à la composition. « Ca se fait naturellement, il faut pas forcer. Les affinités musicales, elles existent sinon on jouerait pas ensemble, mais on est un groupe parce qu’on a faim des influences de chacun et des idées de chacun. De la couleur de chacun… Cet été, on est partis pendant un mois avec tout notre matos dans une maison en Normandie. Juste dans l’idée de composer de nouveaux morceaux pour notre album. Et les liens de créations se sont créés. Le cadre est cool, on a que ça a faire, on oublie sa pudeur et on se met à proposer des choses ouvertement. »

La priorité de l’année pour Namasté, c’est de travailler en vue de sortir leur premier album. Un challenge apparemment. « Cet été, c’est un peu comme un couple en vacances, tout va bien, on a rien d’autre à faire, en amoureux. Cet été c’était idyllique, tous les cinq dans une baraque à avoir rien d’autre à foutre que de jouer de la musique. Le plus dur maintenant, c’est qu’on a nos vies, on est à Paname, Kenzo a des exams à passer en piano, Octavio bosse avec Babet, donc beaucoup de promo. Mais ça avance. Là l’idée c’est de faire un max de titres pour pouvoir affiner la couleur. On essaye de se retrouver, même si c’est compliqué entre les emplois du temps de tout le monde. »

Namasté ça veut dire Le divin en moi accueille le divin en toi. C’est une chanson de Raphaël qui a donné son nom au groupe. « On a cherché pendant longtemps le nom à adopter pour le groupe et avant un concert, on a regardé notre playlist, et ça nous a frappé : c’est universel, ça passe partout. On a cogité un peu, mais au final faut pas trop se poser de questions je pense. Ca peut faire bizarre, on peut nous prendre pour des gars qui font de la musique hindoue. Et en fait, non trop pas. » Raphaël a ramené cette chanson de ses voyages : « En gros, l’élément déclencheur, ce qui m’a donné envie d’écrire des chansons, c’était les voyages. Je suis parti trois années de suite en Asie : en Indonésie au Népal et en inde. C’était un truc que j’avais envie de faire. De partir tout seul et de tripper à l’autre bout du monde. Et j’ai kiffé parce que tu rencontres des gens qui ont rien à voir avec ta mentalité, ta culture. Les échanges sont très simples, très purs, très profonds… Quand t’es tout tu rencontres plein de gens, y’a pas un jour où tu rencontres pas quelqu’un. Et quand t’es réellement tout seul, t’as juste un carnet et un stylo, et comme tu pars un long moment tout seul, t’as de quoi cogiter, donc t’écris. »

Mais maintenant, l’inspiration vient du quotidien, Raphaël a composé L’Absurde quand il était serveur. « J’ai fait mes études d’ingé son, j’ai bossé un an, sauf que après j’ai réalisé que c’était pas ce que j’avais envie de faire, je voulais faire de la musique, et à 20 ans j’ai décidé de me lancer à fond. Donc j’ai fait plein de taf pour pouvoir manger et me loger. Tous ces petits tafs, ça m’inspire, ça me fait tripper. C’est la vie d’un peu tout le monde. Moi ça me plaît de balancer des phrases qui sont le reflet de ma vie et qui du coup peuvent parler à plein de gens. Des moments de vie, des absurdités de la vie qu’on remarque, des trucs rigolos. »

Une particularité de Namasté, c’est de parler de couleur plus que de style de musique. Ce qui décrit bien la mentalité du groupe. « La couleur, c’est encore plus précis que le style. Peut-être qu’on parle de couleur parce qu’on a du mal à se donner un style. Mais la couleur elle va se faire aussi par un mix, et comme nous on essaie vraiment de rassembler tout le monde : c’est chaque bout que chacun a apporté qui s’emboite. Notre style c’est de casser un peu les codes, un son soul avec des accords jazz, en même temps y’a des paroles en français dessus, mi-rappé mi chanté, et du violoncelle par-dessus. On aime bien tous ces trucs là … Namasté »

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Réclame

Leur EP L’Absurde est déjà disponible !
Namasté sera à la soirée Paris Jeunes Talent le 1er février au Réservoir.
Le 12 février au Tapis Rouge de Colombes
Le 17 février au Canal 93 de Bobigny
Le 26 février au Bus Palladium de Paris avec June Hill.
Le 18 mars au Scopitone
Et le 1er avril à l’Espace 93 de Clichy Sous Bois.


Remerciements : Jules Terrien

Catégorie : Entretiens
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