Jeffrey Lewis & the Voltage et GaBLé à la Boule Noire

C’était le début d’année, les concerts commençaient tout juste à reprendre, et Le Transistor était à la Boule Noire, attiré par une affiche alléchante : les Nantais déjantés de GaBLé en première partie du roi du DIY Jeffrey Lewis (mais ça c’était “le temps d’avant”, quand on pouvait se retrouver, et écouter de la musique tous ensemble dans la même salle). Les Français proposaient un ciné-concert Comicolor, tandis que l’Américain soulignait de ses bandes dessinées, son nouvel album Bad Wiring.

GaBLé

La moitié de la scène est prise par l’écran, pour projeter les dessins animés Comicolor, ne laissant que peu de place au trio, qui assure la bande son en direct. Jamais à court d’idées farfelues, ils ont sorti leurs instruments-jouets pour enfants, mais s’amusent aussi à faire hennir les lions. Les apparitions de méchant sur un riff de guitare menaçant, et le rire sardonique en prime – tout y est !

Après avoir revisité le conte de Boucle d’or, GaBLé propose une danse du printemps bien surprenante sur ‘Summertime’. Mais indépendamment du dessin animé qui raconte l’histoire du Brave Tin Soldier, GaBLé nous donne envie de danser – puis de manifester à grands coups de slogans anti-flashball ! Oui, le message est passé ! On finit sur une excellente danse de l’épouvantail, et le concert se finit, beaucoup trop tôt !

Jeffrey Lewis & The Voltage

Jeffrey Lewis arrive, blond décoloré pour changer, et le groupe The Voltage. Et comme la thématique a l’air d’être sous le signe du ciné-concert, il a accroché à côté de lui un vieux drap blanc, pour y projeter des lumières psychés. Pour ouvrir le bal, le guitariste démarre avec une reprise d’Electric Six : ‘Danger! High Voltage’ pour présenter le groupe qui l’accompagne -à noter que la dernière fois qu’on l’a vu, c’était pour l’album Manhattan, avec Los Bolts.

Sa voix déraille, mais on a déjà envie de danser. On se plonge dans le nouvel album, Bad Wiring, avec ‘Till Question Marks Are Told’, dans laquelle il raconte à sa manière, et armé d’un harmonica, ses galères du quotidien. Puis il déterre (elle est sortie en 2003) l’enivrante ‘Arrow’, contrebalancée par ‘LPs’, très rapide, pour faire danser sur sa passion des vinyles ! Encore un très bon cru du dernier album, tout comme ‘In Certain Orders’, au riff irrésistible.

Oubliant sans cesse son écran de fortune, Jeffrey Lewis s’agite et fait de l’ombre à sa projection. On comprend bientôt que ce drap va servir à montrer ses talents de dessinateur, notamment sur l’histoire de Pocahontas. Récit horrible, qu’on oublie en sautant en choeur sur une chanson anti-système : ‘Systematic Death’, et dansant punk sur ‘Exactly What Nobody Wanted’.

C’est là que Jeffrey Lewis décide de nous faire réviser nos classiques avec un cours sur la musique folk américaine, avec les diapos projetées pour pouvoir suivre. On repart sur les chapeaux de roue avec ‘Sad Screaming Old Man’ (et clairement les plus rapides de son répertoire sont les plus fun !) Histoire de n’avoir pas sorti le drap pour rien, on repart bientôt pour un film animé sur des singes cannibales.

On ne l’arrête plus, c’est une véritable machine ! Jeffrey Lewis se met à accepter les requêtes de ses fans, avec ‘Time Trades’. Puis le temps s’arrête subitement quand il nous annonce qu’il n’est pas religieux, mais qu’il aimerait tout de même tenter quelque chose : pour lui, certains artistes sont comme des magiciens, et c’est pourquoi il souhaite rendre hommage à Daniel Johnston, décédé en septembre dernier. Et il entonne, a cappella, le titre ‘True Love Will Find You In The End.

Réclame

Lire l’interview de Jeffrey Lewis


Remerciements : Marion Seury

Catégorie : A la une, Concerts
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