Rock en Seine 2019 – Eels, Kompromat, Silly Boy Blue

Comme à chaque rentrée, Rock en Seine sonne le rappel des troupes. Fidèle au poste, Le Transistor est allé sur place pour faire un plein de découvertes et se faire plaisir au passage avec quelques classiques. Dans ce premier volet de nos aventures à cette édition 2019, pas mal de jeunes artistes : dont Girl in Red, Silly Boy Blue et We Hate You Please Die. Et pour les plus établis, l’incontournable Eels, et le duo Kompromat, composé de Vitalic et Rebeka Warrior.

Silly Boy Blue

Certes son nom est en référence à David Bowie, mais aujourd’hui Silly Boy Blue a revêtu son plus beau t-shirt des Cure. C’est un grand jour pour elle, elle va enfin les voir, mais surtout jouer en première partie de ses idoles. A Rock en Seine. Sous le soleil. De plomb.

Malgré les émotions et la chaleur, elle donne tout ce qu’elle a dans le ventre. Car Silly Boy Blue donne des performances habitées, et ça nous touche en plein coeur… Les poils se dressent aux premières notes de ‘Cecilia’, car sous des ritournelles aux claviers, on sent qu’elle se met à nu, qu’elle se raconte entièrement. Le public l’encourage, avide d’intensité comme sur ‘The Fight’. Elle a des tripes Silly Boy Blue !

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We Hate You Please Die

Derrière un nom très pop emo se cache un groupe de rock garage français. Sur scène, ils sont quatre, aux looks légèrement décalés, mais tout est éclipsé par un chanteur absolument déjanté. Tout part très vite, sous des airs faussement calmes, il se révèle rapidement fou. Le voilà d’ailleurs déjà dans la fosse.

Les slams ne vont pas tarder à le suivre. La cadence est soutenue, mais la batteuse encaisse. Pendant ce temps-là, la bassiste donne la réplique au sérieusement-attaqué-chanteur, pour un joli contraste de voix. Et le chanteur de redescendre se faire plaisir pour un petit pogo. Il remonte pour une réplique et repart aussitôt ! On s’amuse de leur jeu scénique, et de leurs interventions au micro. “C’est une nouvelle chanson, ne soyez pas indulgents, dites-nous si vous aimez pas !”

“C’est beau ici, ça change des caves même si on aime bien nos caves. Bon, faut juste fermer les yeux sur les pubs Coca-Cola, Nestlé tout ça”. Ca donne le ton du concert, qui attire de plus en plus de monde. Et pour finir, ils nous proposent une chanson, ou plutôt un exutoire, qui reprend le nom de leur groupe… Bientôt un hymne, car le public s’empresse de les rappeler !

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Girl In Red

Dans la lignée des Courtney Barnett et Mac Demarco, on souhaite la bienvenue à la jeune recrue norvégienne, Girl In Red. Suivant les codes de ce (nouveau) genre, elle est totalement lookée normcore, donc elle ne se prend la tête ni sur sa tenue, ni au passage sur ses compositions. C’est une super représentation pour les jeunes femmes dans la foule, car tout est possible, comme de passer de la pop au métal sans s’excuser. D’autant que la Norvégienne déploie une belle énergie, une maturité scénique impressionnante pour ses tout juste 20 ans.

Mais à force de pas vraiment rechercher ses compos, ça tourne assez rapidement en rond. Alors déjà qu’au début la formule était pas originale, on se retrouve face à des angoisses d’ados déversée avec un peu d’attitude mais aucune valeur artistique. On lui accorde cependant qu’elle a du coffre, et aucune peur de descendre dans la fosse pour un slam.

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Eels

Si Mark Oliver Everett a sorti son douzième album au printemps dernier (oui 12 album déjà), il nous offre ici un set de festival, comme il sait si bien le faire. Il y aura des reprises (The Who et Prince, pour coller à l’ambiance un peu old school de la journée marquée par The Cure), mais surtout eels va revisiter ses anciens morceaux. Même les plus déprimants, même les plus bleus-vague-à-l’âme. Avec son savoir-faire scénique, il va les droguer, pour les rendre rock’n’roll au possible – il a déjà le look veste en jean donc pourquoi s’arrêter en si bon chemin.

Pendant ce temps-là, il crie, tout le temps, super excité, avec ses maracas à la main. Il se plaint tout le temps de son grand âge mais ça ne l’empêche pas de redoubler de hululements sur ‘Prizefighter’ après une légère accalmie sur la ballade ‘That Look You GIve That Guy’.

“Another standing ovation”, oui eels a le sens de l’humour. Et il prend aussi le temps, de présenter son groupe, de faire une petite chanson pour le nouveau batteur. Bref, c’est dans la bonne ambiance que le concert se déroule, avec un ‘Novocaine for The Soul’ méconnaissable, afin que personne ne se lasse de son tube qui date de 1996 (il y a donc plus de 20 ans).

C’est impossible de résister à son génie musical, à l’envie de danser, au plaisir de hurler avec lui qu’on aime les oiseaux. Et on finit en beauté avec son désormais traditionnel medley (oui il a trop de magnifiques chansons, et pas assez de temps pour toutes les chanter). Il quitte la scène en mimant un hug à la foule, laissant le champ libre à ses musiciens pour un petit jam.

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Kompromat

Après The Cure, quand une bonne partie du public a déjà rejoint ses pénates, Rock en Seine se dirige vers la scène de la cascade pour Kompromat. C’est la rencontre entre Rebeka Warrior (remarquée au sein de Sexy Sushi) et Vitalic (que l’on ne présente plus). Ensemble, ils ont imaginé un nouveau projet, froid, sobre, entièrement (ou presque) en allemand.

Rebeka Warrior, la nonchalance incarnée, se dresse, lunettes de soleil sur le nez, derrière un rideau de laser, intouchable, inaccessible. Et son tatouage de sorcière (Hexe en allemand) sur le bras prend alors un autre sens. Est-ce elle qui déclenche comme un orage qui zèbre la scène, ou son acolyte, sourire aux lèvres au manettes derrière ? Elle le rejoint bientôt lorsqu’elle ne peut plus se cacher derrière des paroles germaniques…

Ensemble, ils s’autorisent des délires autoroutiers, qui filent tout droit dans un mur, des détours pop, ou des égarements nostalgique type Ok Cowboy. Le public suit, lève les bras, danse, retrouve ‘La Mort sur le Dancefloor’ les prémices de ce duo. Pour au final rappeler Kompromat, qui revient avec ’Auf Immer und Ewig’, pour toujours donc.

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Remerciements : Marion Pacé [Ephélide]

Catégorie : A la une, Reportages
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