Entretien avec Bad Sounds

Bad Sounds, ce sont deux frères qui ont décidé de confronter leurs goûts musicaux pour un groupe qui mêle hip-hop, pop, avec un groove des années 70 et des références aux 90s. Aux Trans Musicales, Le Transistor a rencontré Ewan, le grand frère posé habillé en noir, et Callum, le peroxydé habillé en orange. Ensemble, on a fait un tour de leurs références : de Flaming Lips à De La Soul en passant par Massive Attack.

Bad Sounds

Pour les frangins, Bad Sounds se vit avant tout en live. “Peu importe la taille de la salle, on veut se donner au max en concert. Notre but, c’est que les gens soient autant à fond que nous.”

Pour leurs concerts, les frangins de Bad Sounds aiment voir les choses en grand.
Ewan : J’ai toujours beaucoup aimé les concerts, parce que ça joue fort, et qu’il n’y a aucune autre manière de le vivre. Sauf certains groupes qui ont l’air de faire tout le temps la même chose.
Callum : Certaines personnes sont cool de nature, ils savent que ce qu’ils font est génial, et tout le monde adore. On a jamais été capables de gérer ce niveau de coolitude, mais je pense que c’est beaucoup plus cool quand sur scène, on voit quelqu’un qui ressent réellement ce qu’il fait, qui a l’air de s’éclater, parce que ça le passionne.
Ewan : Ca détend instantanément tout le monde.
Callum : On vient de faire notre première réelle tournée en Grande-Bretagne, c’était bizarre parce que les salles étaient toutes de tailles différentes : celles de Bristol et Londres étaient 3 fois plus grandes que les autres. Donc on est capable de faire une grosse production, et d’imaginer des gimmicks de live qui nous paraissent drôles à réaliser. Tandis que sur les salles plus petites, dans cette ambiance pub, il faut en faire plus pour toucher le public.“
Avec une admiration pour Flaming Lips au niveau scénique.
Ewan : Bref, quand on a découvert Flaming Lips, je me suis dit : c’est ça que je veux faire ! Je veux faire ressentir des trucs aux gens. C’est les meilleurs en live ! Je sais pas comment ils arrivent à gagner de l’argent, vu comment ils tournent.
Callum : Et on a aussi vu De La Soul ! Ca nous a donné l’impression d’aller en soirée, sauf que c’était la meilleure de notre vie.
Ewan : Donc on avait envie de faire quelque chose un peu entre les deux. Comme si on invitait des gens à une soirée, et au milieu on fait un vrai show.
Callum : Parce que la musique n’est pas le seul truc auquel les gens font attention en live. Qu’est-ce que les gens ont vraiment envie d’aller voir ? On a envie que les gens ressortent du concert en se disant “wow c’était vraiment fun !”. Avec l’envie d’y retourner la prochaine fois qu’on passe, et d’emmener un pote.”

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Leur originalité, Bad Sounds la doivent aux parcours différents que les frangins ont empruntés.
Ewan : J’ai étudié la production musicale avant d’aller bosser en studio. Mais c’est pas évident d’étudier la musique : quand on va à l’université, on espère trouver un boulot à la fin. Sauf qu’en musique, il faut aller sur le terrain, travailler en direct avec des gens. Donc j’y suis allé, et j’ai joué de la guitare pour des groupes : j’ai appris en les regardant composer puis j’ai enregistré des morceaux pour eux, en essayant différentes méthodes. Mais bon, c’est assez universel, quand on a vingt ans, on pense qu’on sait tout.
Callum : Et la fin de ta vingtaine, c’est pour réaliser à quel point tu ne sais rien du tout.
Ewan : A 17 ans, j’ai eu l’argent pour acheter mon premier sampler, en jouant de la guitare dans un spectacle pour enfants. C’était pour le jour de l’an, un truc bien horrible. Mais bon, j’ai récolté suffisamment d’argent, et de là, j’ai commencé à chercher du son, pour découvrir de nouvelles musiques. Du coup, mon éducation musicale c’était de m’assoir et d’écouter des tonnes de disques, pour choisir des bouts à sampler…
Callum : C’est une autre manière d’écouter.
Ewan : Parce qu’on est actif, à réfléchir à ce qu’on pourrait faire avec ce bout, comment on pourrait le combiner… Et qu’est-ce que j’aime là-dedans ? Tu en apprends sur ces albums, et la fois d’après tu sais mieux ce que t’y cherches. Donc, j’étais dans ce processus, quand Callum et moi on s’est retrouvés, et on s’est montré ce qu’on avait appris.”

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Une fois leur expérience vécue, ils ont échangé, pour finalement créer leur son.
Callum : Je sais pas ce qui a été le déclencheur pour monter Bad Sounds… Parce qu’on avait joué dans des groupes comme guitaristes avant ça, dans le même groupe d’ailleurs, à faire des solos dégoulinants et tout. (rires)
Ewan : On a toujours été les meilleurs amis du monde. On a grandi à Chippenham, une petite ville à côté de Bath. Mais on allait pas dans l’école de notre ville, on prenait le bus pendant 40 minutes tous les jours. Donc on avait pas de potes aux alentours, du coup on passait nos soirées à pratiquer la guitare, dans nos chambres.
Callum : Notre père avait un enregistreur 4-pistes, sur cassette. Donc le week-end, on enregistrait des reprises et des démos. Puis Ewan a commencé un groupe, et je l’ai rejoint. Ensuite, on est partis chacun de notre côté : j’ai déménagé à Londres, pour me faire mon expérience sur la capitale, comme beaucoup. Bon ça n’a pas marché pour moi.
Ewan : Mais c’était important de le faire, de partir chacun de notre côté, faire notre expérience. Apprendre notre leçon séparément et ensuite revenir. Et quand on s’est montré ce qu’on avait appris, c’était beaucoup plus excitant… Même si c’est juste pour découvrir un nouveau groupe, ou un nouveau style pour lequel on se passionne, c’est là qu’on écrit nos démos les plus funs.“

Pour leur premier album, Bad Sounds ont envie de bousculer les frontières des genres.
Ewan : C’est ce qu’il faut faire, non ? N’importe qui, dans n’importe quel domaine artistique n’a pas envie de faire quelque chose que les autres ont entendu des milliers de fois.
Callum : Ce qui nous intéresse c’est de mélanger différentes influences, pour en faire quelque chose de nouveau.
Ewan : Je connais toutes les choses que j’aime en musique, mais personne d’autre n’a mes goûts, à part moi. Donc la seule personne à envisager ces influences ensemble, à pouvoir les combiner de cette façon, c’est moi. Et Callum a sa manière de voir les choses. Et c’est à ça que doit ressembler notre son. Nos deux goûts, ensemble, pour ne pas créer un album à-la-manière-de, mais un album de Bad Sounds.
Callum : On a qu’une seule fois l’opportunité de faire un premier album. Et quand je réfléchis, la plupart de nos albums préférés sont des premiers albums. DIY, bricolés, peut-être pas réalisés à la maison, mais avec cette approche naïve, comme Blue Lines par Massive Attack.”

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S’ils ont de l’ambition, les frangins ont envie de garder un son un peu bricolé.
Ewan : On aime l’idée que ce soit réalisé dans une chambre. Le mec qui bosse avec nous, il a un studio de la taille d’une chambre, mais ça nous convient. De toute manière il faut que ça sonne un peu pourri, que ce soit spécial, pas que comme une production luxueuse avec aucune vibe.
Callum : On veut pas d’un grand et chic studio, on préfère le matériel poussiéreux, un peu cassé. Comme les démos originales de Bad Sounds, où les sons étaient pourris – d’où le nom du groupe !
Ewan : Une bonne partie de ce qu’on fait, c’est à partir d’éléments vraiment pourris. Donc pourquoi aller dans un studio où tout sonne propre ? Ca ne sonnera pas comme nous. Et faut pas se leurrer : c’est du boulot que de faire sonner des trucs un peu pourris, sinon ça sonne faux.”

Réclame

Lire le compte rendu de Bad Sounds aux Trans Musicales
Bad Sounds seront notamment au Dot to Dot, Hit the North, Community festival à Londres, Great Escape et au Leeds festival.


Remerciements : Delphine [ATM]

Catégorie : A la une, Entretiens
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