Entretien avec Tample

Non ils n’ont pas les cheveux bouclés, et ne font pas dans la musique psychédélique britannique. Tample avec un A (à ne pas confondre avec Temples donc) sont originaires de Bordeaux, avec un parcours assez atypique. Accompagnés par la Rock School Barbey depuis bientôt cinq ans, le groupe s’apprête enfin à passer le pas, et sortir leur premier album, Summer Light. Rencontre aux Trans Musicales de Rennes avec Samuel, le chanteur, et Frédéric, le guitariste.

Tample

Étonnamment, Tample est capable d’une analyse assez froide de leur musique, mais en parle de manière chaleureuse : “On est tous des amis à la base, il y a même des liens familiaux. Donc il y a de l’affect entre nous. Je sais pas si on aurait conçu cette musique de la même manière avec gens qu’on connaît moins…”

Depuis sa formation, en 2012, le projet Tample a pas mal bougé.
Frédéric : Le projet était complètement différent à l’époque. C’était un peu plus rock, en fait. Il y avait beaucoup moins de sonorités electro, et là on a essayé de mixer un peu les deux. De garder quelque chose d’assez authentique, un peu brut et en même temps d’avoir des claviers un peu plus modernes.
Samuel : Il y a pas mal de choses qui ont évolué. On a aussi changé de formation : là ça va faire deux ans qu’on joue tous ensemble.
Frédéric : Oui, le groupe a une identité claire depuis trois ans seulement.
Samuel : Après c’est de la musique, on a envie de se faire plaisir quoi.”
Certains musiciens ont été remplacés, mais l’amitié reste solide.
Frédéric : Ah mais on a jamais viré personne ! (rires) C’est des gens qui sont partis tout seuls (rires) mais gentiment !
Samuel : C’est des projets ambitieux, et ça demande du temps. Et c’est vrai que par moments, c’est compliqué quand même la vie d‘artiste… Et du coup ça s’est fait à chaque fois naturellement.
Frédéric : Et toujours avec des gens qu’on connaissait. Tous ceux qui ont intégré le projet, sont des gens qu’on a côtoyés plus ou moins longtemps. Ca a jamais été en mode, tiens il joue bien on va lui demander.
Samuel : Et ceux qui sont partis sont toujours des amis d’ailleurs.”

Tample considère que le nouveau groupe est né en septembre 2015.
Frédéric : On a fait notre dernier concert avec l’ancienne formule au festival Climax à Darwin, à Bordeaux. On faisait du rock assez années 90. Maintenant les mélodies restent centrales, et il y a toujours ces vocalises qui nous tenaient à coeur. Mais c’est vrai qu’on avait une instrumentation plus classique.
Samuel : On voulait quelque chose de plus frais.
Frédéric : Donc on a gardé cette touche mélodique, mais en apportant un côté un peu plus sauvage. Et plus electro.
Samuel : Ensuite, on a pas tout jeté, mais sur ce coup-là, on savait davantage où on voulait aller. On a fait pas mal d’expériences avant, et là on a réussi à trouver un équilibre.
Frédéric : On a une musique qui reste pop, on s’en cache pas, mais par contre on essaie d’amener un peu d’émotion dans ce qu’on fait. La musique est entraînante, avec pas mal de riffs disco à la basse mais en même temps il ya des choses un peu plus nostalgiques.
Samuel : Il y a des ambiances particulières, et puis moi j’ai une voix un peu aigue…
Frédéric : Avec des riffs westerns par moments. On essaie quand même d’amener un univers…”

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Cette nouvelle orientation a marché, puisque Tample a signé avec Yotanka.
Samuel : En fait Gerald, notre batteur, a envoyé un mail avec juste les clips, et ça a tout de suite plu ! Ensuite, tout s’est enchaîné très vite. Donc on s’est mis à bosser sur l’album.
Frédéric : Mais Tample ça marchait déjà bien avant, parce qu’il y avait l’aspect mélodique qui était déjà présent. Après ce qui nous manquait surtout, c’était une identité. Donc c’est ce sur quoi on a travaillé en priorité, pour le live et pour l’album aussi.
Samuel : Maintenant, on aime toujours ce qu’on a fait avant les changements, notamment sur notre dernier EP, My River. On joue encore certains des morceaux, même si un peu retravaillés.
Frédéric : Au final, il remonte à deux ans seulement. Mais on était déjà sur la nouvelle phase.
Samuel : Et puis ça a plutôt pas mal fonctionné. On a fait quelques dates sympas, et on a même joué sur France Inter pour La Relève.”
Ce dernier EP, My River, avait été financé via KissKissBankBank.
Frédéric : Tout le monde le fait, mais c’est bien ! Que des gens s’investissent et prennent part au projet, c’est quand même encourageant.
Samuel : Oui, savoir qu’il y a des gens qui sont capables d’investir un petit peu alors qu’on les connaît pas. Nous, ça nous a donné l’envie de continuer aussi. C’était vraiment agréable de pouvoir faire ça dans cette dynamique.
Frédéric : Oui parce qu’à la base, le public c’est le plus important.”

L’album porte tout de même le nom d’un des titres de cet EP : Summer Light.
Frédéric : Cet album on l’assume complètement. On a gardé ce côté pop qui nous caractérise, mais en même temps on a réussi à amener un peu de subtilités. Et on est sur quelque chose qui nous plaît.
Samuel : Ensuite, il y a aussi beaucoup de nouveaux morceaux. Mais Summer Light, c’est un morceau qu’on aimait beaucoup, et qui fonctionne très très bien en live. Au final, on a pas une aura nationale encore, on commence à entendre parler de nous… Mais du coup ce titre on y croyait, on y croit toujours et c’est pour ça aussi qu’on l’a mis dans l’album.
Frédéric : Il est beaucoup plus sauvage en live que sur l’album.
Samuel : On adore le jouer. En live, il y a beaucoup plus de percussions, pour le coup les mélodies sont vraiment fédératrices. Et du coup, quand les gens sont réceptifs, c’est du bonheur sur scène.”

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Depuis leurs débuts, la Rock School Barbey les soutient.
Samuel : Ils nous ont toujours aidés, on leur doit vraiment beaucoup. Déjà, ils nous ont permis de répéter gratuitement pendant des années, ensuite on a eu accès à des résidences.
Frédéric : Ils nous ont trouvé des bonnes dates, ils nous ont fait faire des premières parties.
Samuel : Ils nous ont donné des conseils aussi. Dans le cadre d’un accompagnement, Olivier Mathios de The Hyènes nous a suivis en tournée.
Frédéric : Et Nicolas Cabos, qui s’occupe de la Rock School Barbey, est un ancien musicien qui jouait dans Improvisators Dub, il était le bassiste. Ah mais faut pas croire, il y a de la richesse à Bordeaux !”

Réclame

Summer Light, le premier album de Tample, est paru chez Yotanka.
Tample sera en concert le 7 février à la Boule Noire


Remerciements : Charles [Him-Media] et Vincent [Yotanka]

Catégorie : A la une, Entretiens
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  • Trans Musicales 2017 - Bad Sounds, Sabrina & Samantha, Tample | Le Transistor :

    […] Dès l’entrée dans la salle, on est pris par des “whouhou” bien accrocheurs. Sur un plateau nimbé de bleu, le chanteur Samuel nous emmène loin de sa voix rêveuse. Mais pour tirer le public de ses songeries, voilà que les Tample s’acharnent sur les percus, et font crisser les guitares. Si le chant est plus énervée, la légère mélancolie reste. Oui, on a envie d’y croire quand le groupe nous répète, de manière très impliquée, que “Love keeps us alive”. Lire l’interview de Tample […]

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