Eurocks 2017 – La Femme, Editors, Hubert-Félix Thiéfaine

Cette deuxième journée des Eurockéennes de Belfort propose pas mal de rock énervé, avec All Them Witches, Idles et Gojira, un peu de rock énervant avec Editors, du rock lymphatique avec Devendra Banhart, du rock qui groove avec Parcels, du rock engagé avec Hubert-Félix Thiéfaine, et du rock difficilement classable mais toujours efficace avec La Femme.

All Them Witches

Ce mélange d’énorme patate rock, de stoner, de psyché, de chant parfois punk mais souvent maîtrisé, nous a emballé direct. Sans compter les moments de transe aérienne avec solos de guitares fuzz seventies. Bref, ce son multifacettes allié à la hargne du chanteur a presque fait le plein de la petite scène Loggia et a engendré les premiers pogos de la journée.

Idles

La grande scène commence à se remplir, aidée par l’arrivée des Anglais de Idles, venus fêter la sortie de leur premier album, Brutalism. Le groupe de Bristol n’est pas en carton : ils ne passent pas inaperçus, déjà vestimentairement parlant, mais surtout grâce au jeu de scène hargneux de ses membres.

Le guitariste en fait des caisses et semble complètement survolté. Et que dire du chanteur dont l’attitude punk et le regard acéré toisant la foule sont une invitation à pogos multiples et circle pits endiablés. D’autant que le mec n’arrête pas de cracher sur scène et de se balader avec sa bouteille de whisky en ne manquant pas d’offrir quelques rasades aux premiers rangs !

Devendra Banhart

C’est l’heure d’un temps calme bien mérité. La scène Greenroom est plutôt clairsemée et l’ambiance pas ouf au début du live du folkeux américain. Devendra Banhart est maintenant parti dans un délire encore plus cosy planant, très, voire trop, tranquille à notre goût. La zénitude atteint son paroxysme lorsqu’il chante en prenant des poses de flamand rose.

Quelques titres dans la veine de ‘Feel Like a Child‘ nous manquent atrocement, même si lors du rappel, des morceaux flirtant avec le disco, comme la reprise de David BowieSound and Vision‘ et le très latino ‘Carmensita‘, réveillent un peu l’audience.

Hubert-Félix Thiéfaine

Le point culminant de la soirée semble bien être le live de Thiéfaine. Les fans plus ou moins âgés se sont agglutinés face à la Grande scène et entonnent certaines de ses chansons avant l’heure. L’orchestre de Franche-Comté composé de 28 musiciens classiques s’installe, prêt à accompagner le chanteur pour une revisite de ses classiques.

Clairement, le mix groupe de rock / chansons d’écorché vif / violons, sonne du tonnerre et a conquis même les moins initiés. De ‘Médiocratie‘ au début à ‘La Fille du coupeur de joints‘ à la fin, c’était juste beau et un tantinet émouvant.

Parcels

On attendait les Australiens au tournant de la scène de la Plage, déjà car on les suit depuis quelques temps, et aussi car les Daft Punk leur ont produit un titre amené à enflammer l’été : ‘Overnight‘. Il sera rapidement interprété, et le public venu en nombre réagit hyper bien en entamant danses et chants.

Il faut dire que la sympathique ambiance disco-pop distillée dès le début du set avec ‘My Enemy‘ avait déjà fait groover tout le monde. Et que ce soit sur scène ou parmi la colossale foule agglutinée, tout le monde a le smile !

Gojira

Nous nous devions d’assister au live du groupe de metal français le plus emblématique actuellement. Et nous n’étions pas les seuls: la scène Greenroom est archi-blindée. Le groupe apparaît dans la fumée, dans une semi-obscurité, et surtout sous les hurlements assourdissants de milliers de fans hardcore !

Dès l’intro, c’est pogo général dans les premiers rangs. Les services de sécurité sont au four et au moulin pour récupérer tant bien que mal les slameurs excités. Le début du show est déjà surpuissant, en mode son et lumières, avec des moments parfois très sombres, ou parfois sous stroboscopes synchronisés avec la double-pédale. On entraperçoit rarement les frères Duplantier, mais le son suffit aux fans et au milliers des festivaliers venus se défouler.

Editors

Depuis quelques temps, Editors fait de plus en plus dans le show quasi pyrotechnique. Ca ne loupe pas ce soir, avec des jeysers de flammes le long de la Grande scène, et d’énormes ventilateurs tournant derrière le groupe. Mais le charismatique leader Tom Smith n’a pas besoin de ces artifices pour assurer. Comme à l’accoutumée, sa prestation est jusqu’auboutiste : il semble complètement possédé. L’énorme tube de 2005, ‘Munich‘, surgit au début du set et nous rappelle aux meilleurs souvenirs à la fois rock et cold du groupe. Tom Smith se met parfois au piano pour des titres tout aussi pêchus.

Editors est devenu une grosse machine, un peu trop démonstratrice, avec un peu trop de synthés à notre goût, mais, grâce à son leader, garde toujours un minimum de côté humain et attirant.

La Femme

Toujours aussi théâtral, en tout cas sur les Grandes scènes, le groupe débarque sous une lumière verte et avec une danseuse semi-nue aux mouvements lascifs, pour entamer ‘Sphynx‘, suivis des principaux titres du dernier album, Mystère : une version hyper speed de ‘Tatiana‘, ‘Où va le monde‘, ‘Mycose‘, et ça cartonne. Les plus jeunes, agglutinés devant la scène Greenroom archi-comble, n’arrêtent pas de danser.

Le chanteur Marlon lance des vannes hyper pertinentes du genre: ‘Vous aimez le rock fort?’, avant de descendre dans la fosse. Ca pogote de plus belle, et ce n’est même pas encore l’heure du mythique ‘Sur la planche‘! S’enchaînent les scratchs de l’invité DJ Pone, une queueleuleu sur ‘SSD‘, le claviériste qui se fait raser la tête sur scène avant de jouer à Moïse en pénétrant dans la foule, un final apocalyptique, un rappel pour chanter à cappella la chanson paillarde ‘la boiteuse a un beau cul’…

Lire l’interview de La Femme

Bref, tout est normal. Un petit coup de Moderat sur le chemin du retour, avec le titre ‘A New error‘ est suffisamment planant pour nous accompagner doucement vers le pays de Morphée.


Remerciements : Marion [Ephelide]

Catégorie : A la une, Reportages
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