SxSW 2017 – vendredi avec Aldous Harding, LVL UP et Boogarins

Avant-dernier jour à South By SouthWest, et en ce vendredi ensoleillé, la journée est bien chargée. A peine le temps de se poser dans un transat pour écouter la folk de L.A. Salami, qu’on court sur une terrasse écouter le pop-rock de Pronoun, puis le songwriting épuré d’Aldous Harding, ou plus lyrique de Ciaran Lavery, la lo-fi décalée de Weird Black, les élucubrations de Glockabelle, puis l’alt-rock énergique de LVL UP et enfin le blues ensorcelant de Boogarins.

L.A. Salami

En dépit d’un nom qui peut prêter à sourire, LA Salami a un charisme assez instantané. Les Bookmakers qui l’accompagnent ne sont pas en reste, avec un batteur tellement à la cool, stoïque avec sa sucette au bec, pendant le solo d’harmonica de Lookman Adekunle. Lézardant au soleil, le public est bercé par le quotidien qu’il raconte, avec l’oreille aux aguets d’une tournure de phrase bien trouvée. On se laisse porter par des considérations religieuses, scientifiques, et tout simplement éléments de la vie courante, sur une sorte de folk qui décidément a le sens du groove.

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Lire l’interview de LA Salami

Pronoun

Au carrefour, on n’entend que Pronoun, qui du haut de ce rooftop est en train de donner un show très lycéen. Car, Alyse Vellturo alias Pronoun n’a rien inventé : c’est du pop-rock évident, avec des effluves d’emo. Mais contrairement à ce que l’EP peut laisser penser, ce projet personnel n’est pas si fragile. Par moments, la chanteuse part dans les aiguës, pour s’épancher sur ses sentiments, mais les batteries ont plus souvent le dessus qu’à leur tour. En live, c’est clairement l’énergie qui prime, avec des passages un peu guitar hero que Alyse Vellturo offre à sa pote guitariste. En vrai, Pronoun aurait été parfait pour figurer sur une compilation de teenage movie.

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Aldous Harding

A l’approche de la sortie de son deuxième album, la Néo-Zélandaise a su faire parler d’elle – avec notamment un titre paru en featuring avec Perfume Genius. Et clairement, dans la fosse de l’Hotel Vegas, il y a des fans d’Aldous Harding. Toute habillée en blanc, elle est accompagnée de Invisible Familiars, tout de noir vêtu, avec des lunettes à la John Lennon. Armée de sa magnifique guitare blanche, la chanteuse cherche à s’imposer, face à des balances à quelques mètres à peine d’elle. Et lorsque sa voix se brise, elle se met en mode combattante, tout en essayant de garder le sourire dans cette épreuve typique du festival boulimique.

Pour se donner une contenance, Aldous Harding mime ses paroles, mais elle n’arrive manifestement pas à faire abstraction du groupe qui s’installe dans un coin du plateau. Sur son visage, on lit une sorte de schizophrénie entre le fait qu’elle aimerait foutre une droite à ces mecs qui pourraient attendre qu’elle ait fini son set, et l’envie de rester aimable face à son public. Mais en fait, elle n’a pas l’air d’être d’un naturel à l’aise avec son public.

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Dans ce contexte, Le Transistor ne comprend toujours pas à quel charisme tout le monde fait référence quand les gens parlent de cette artiste.

Ciaran Lavery

Retour dans une église pour voir l’Irlandais de la soirée, Ciaran Lavery. De sa voix rauque, il fait quelques tests au piano, puis s’éloigne de quelques pas et revient pour marquer le début du concert. Rouge d’émotion, il ressemble à un prêtre en général et Dougal MacGuire dans la série Father Ted en particulier.

« Life is a big parade / It sobers me every breath » chante-t-il. Délaissant son micro pour laisser sa chance à l’acoustique de l’église, il chante la moitié de ses compositions – emplies d’incertitudes – a cappella. Mal à son aise, Ciaran Lavery tente de créer des liens avec le public, et de sa voix douce, n’hésite pas à proférer un nombre d’insanités, à faire rougir un prêtre justement ! « If you’re under 30, you don’t get it fuck you »

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Weird Black

Même s’il n’y a personne dans le bar, les Italiens annoncent qu’il vaut mieux laisser les grimaces à l’entrée. Et de fait, le bassiste tente lui-même de garder le sourire devant la salle qui se clairsème. Pourtant, Weird Black offre une musique très légère, presque sautillante malgré l’humour un peu lourd. Mais vu les froufrous du batteur, il est clair que ce que Weird Black conjugue, c’est du deuxième degré.

« Nos mensonges sont vrais » nous racontent-ils, et seules quelques personnes bourrées réagissent dans la fosse. Weird Black est la preuve qu’il est difficile de défendre un projet un peu différent à South By Southwest. Car pour tous les groupes qu’on te décrit, Le Transistor t’épargne bien cinq showcases tout juste insipides : le ratio est faible !

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Glockabelle

Le programme du reste de la soirée ne nous tentait pas plus que ça, aussi Le Transistor a décidé d’errer, et de choisir un bar au hasard, pour découvrir de nouveaux horizons. A la clé de cette expérience, la surprise est de taille. Au début, à part les bottes qui clignotent, Glockabelle ressemblerait presque à un cover band d’Emilie Simon, chantant sur des machines des compos en anglais parsemées de français. Par moments, des cris lui échappent, ce qui lui donne un air un peu fou, mais pas méchant, comme une Phoebe dans Friends.

C’est ensuite que ça part en sucette : l’artiste cherche un batteur dans la salle pour l’aider. Un volontaire monte sur la minuscule scène, et Glockabelle l’allonge et le recouvre d’une couverture. Elle révèle alors un glockenspiel, mais au lieu d’en jouer avec des baguettes, elle utilise des sortes de dés à coudre, ce qui donne un son extrêmement métallique. A ce moment, Le Transistor a préféré rejoindre les sillons de la 6e street et Red River street… On te laisse seul juge :

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LVL UP

Avec son troisième album, Return To Love, LVL UP s’attaque enfin au territoire européen. Donc oui, c’est un groupe que tu auras l’occasion de voir par chez nous, et pas plus tard qu’au Primavera Sound ! Rien que pour leurs breaks de batterie décoiffants, ça vaut le détour. Sur une grosse intro bien lourde, doublée d’une basse qui sait s’imposer, vient se percher une petite mélodie aérienne. Pendant ce temps, les trois compositeurs s’échangent les paroles, tentant de faire entendre leur chant atonal face à la recrudescence de leurs propres guitares.

Parfois, leurs chansons donnent envie de danser, certaines pourraient être rapidement reprises en chœurs. Et d’autres encores donnent envie de boire : sur ‘Pain’, ils répètent « Never Find Love » jusqu’à l’usure, mais en même temps, c’est la meilleure manière d’exprimer ce sentiment.

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Boogarins

Ces Brésiliens nous ont tout simplement bluffés ! Les riffs psychés sont entêtants, sans pour autant abuser de répétitions, la batterie est tempérée, mais frappe juste, le chant est séduisant, et le chanteur, au physique à la Hendrix n’est pas de reste. Rapidement, la foule est suspendue à ses lèvres et ses accords. Entre psyché et stoner, Boogarins prend son temps, cherchant le point de tensions, pour mieux bouleverser.

Le groupe s’accorde une légère pause pour reprendre son souffle, et repart tête baissée, prenant un pied manifeste. La salle est bientôt possédée par les rythmes envoûtants, avec la batterie qui part en tribal, pour prendre l’auditoire à revers et lui donner envie de danser. Puis d’un coup, Boogarins se fait jazzy : même le batteur ne sait plus s’il doit maintenir la pression ou suivre le mouvement, alors il prend tout bonnement une autre direction ! Pour finir dans un capharnaüm jouissif final.

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Catégorie : A la une, Reportages
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