Entretien avec Lowly

Lowly est un groupe danois de musiciens qui se sont rencontrés sur les bancs du conservatoire. Ensemble, ils arrivent à créer une atmosphère orchestrale mais étonnamment légère sur leur premier album Heba. Le Transistor les a rencontrés à l’occasion de leur passage au festival Les Femmes S’en Mêlent, au Divan du Monde – car Lowly compte deux chanteuses ! Le jeune groupe a partagé ses impressions de tournées.

Lowly

Lowly rassemble cinq musiciens aux influences parfois contradictoires.
Steffen : On commence à avoir des goûts en commun maintenant.
Nanna : Déjà on aime l’album qu’on a fait ensemble !”

Les cinq musiciens se sont rencontrés au conservatoire de musique.
Soffie : C’était un beau coup de chance ! C’est Nanna et Thomas qui nous ont rassemblés. Perso, j’envisageais de refuser, comme Kasper.
Nanna : Mais Steffen était très content !!
Steffen : Je ne me souviens plus.
Nanna : Quand on t’a proposé tu as crié Oui ! (rires)
Steffen : C’est vrai que j’avais écouté ce que Kasper avait fait…
Soffie :Et t’étais excité à l’idée de jouer avec lui.
Steffen : Nanna et Thomas avaient enregistré quelques chansons sur leur téléphone, et le tout premier jour où on s’est retrouvés, on a écrit ‘Day Dreamers’. Ca a été notre premier single. C’était sympa que ce premier jour on fasse quelque chose qui fonctionne et nous corresponde.”

Au conservatoire, les membres de Lowly étudient la composition.
Nanna : Normalement on se sépare en petits groupes pour écrire. Et puis on arrange la chanson ensemble.
Soffie : C’est une question de tempérament, on a essayé d’écrire Nanna et moi mais ça n’a pas marché.
Nanna : Vraiment ? On a essayé ? Ou on savait juste que ça marcherait pas ?
Soffie : Non, on a vraiment essayé ! Et ça n’a pas marché (rires)
Nanna : Je veux bien te croire !
Soffie : On n’a pas le même rythme. Mais Nanna et Steffen écrivent bien ensemble, et Kasper et moi. Ensuite, on met tout dans une dropbox,
Thomas : Des fois, on va pour répéter, et on réalise qu’on a 20 nouvelles chansons dans la dropbox !” (rires)

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Sur leur album Heba, les paroles peuvent faire référence à la Syrie comme à Britney Spears.
Soffie : Au final il y a plus de similitudes entre les chansons qu’on ne le croit. La chanson sur Britney, ‘Deer Eyes’, c’est pas une chanson sur la star à proprement parler, le thème est plus l’exploitation de la femme. Le coeur de la chanson parle de fragilité. L’histoire a été inspirée par Britney, parce qu’elle était tellement seule, ce moment où elle a rasé ses cheveux. Et la capacité à la voir souffrir de cette manière…
Steffen : L’album est une compilation de chansons, parce que chacun a écrit ses propres chansons. Mais je pense que les chansons ont un sentiment commun. Et cette histoire autour d’une réfugiée syrienne nous représente parce qu’on était tous ensemble à ce moment là.
Soffie : Si on regarde les références littérales des chansons, bien sûr elles sont différentes parce qu’elles viennent de personnes différentes, mais je pense qu’il y a un fil commun, une source commune qui nous inspire. Comme la frustration, la douleur, l’amour… “

Lowly a fini l’album Heba il y a un an déjà…
Soffie : On est allés en studio, où on a tout enregistré en deux semaines, à raison d’une chanson par jour.
Nanna : Ensuite on l’a donné à Bella Union. Et ils l’ont gardé, en nous expliquant qu’ils avaient besoin d’un peu de temps pour d’abord faire parler de nous. Donc ils ont sorti des singles, à fréquences régulières, mais avec des pauses.
Steffen : On a fait aussi quelques festivals à l’automne. C’était assez nouveau pour nous, que ça prenne autant de temps pour sortir un album.
Nanna : Je pense que si on l’avait sorti il y a un an, il aurait été perdu dans la masse, et personne n’aurait connu notre musique. Donc c’est une bonne chose.
Thomas : Et c’était agréable de faire des concerts entre les sorties de single, parce que soudain c’est un morceau que les gens reconnaissent. C’était un sentiment nouveau pour nous. Parce qu’en fait le groupe est assez nouveau !”
…mais leur label Bella Union vient à peine de le sortir.
Steffen : Ca a été un tel soulagement de sortir enfin l’album.
Soffie : C’était drôle de jouer beaucoup de concerts devant des gens qui connaissaient pas les chansons, et puis une fois que l’album sorti, une relation se crée avec les chansons, les gens réagissent car, ils y semblent attachés.
Thomas : C’est marrant, parce qu’il y a des chansons au sujet desquelles on avait des doutes, et parfois on tombe sur une chronique qui annonce que c’est une de leurs préférées.
Steffen : C’est différent de jouer l’album maintenant qu’il est sorti, parfois on se retrouve à aimer les compositions à nouveau, à cause du public. C’est génial quand on peut avoir une relation avec le public au travers d’une chanson.
Soffie : On écoute les chansons uniquement quand on les joue. Et en concert, elles ont une autre résonance, elles vivent une autre vie.”

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Pour marquer la sortie de leur premier album, Lowly a joué avec l’orchestre philharmonique de Copenhague.
Nanna : On a répété pendant une semaine complète avant le concert, avec l’orchestre.
Soffie : Et puis ce concert assez exrtaordinaire avec le groupe.
Steffen : Ca nous a réellement fait du bien, d’entendre nos chansons jouées, j’avais l’impression d’être dans un film ! (rires)
Nanna : Tout le travail qui a mené au concert, on a vraiment eu l’impression d’être un groupe, on a échangé tellement d’énergie. Et ça a fait que le jour de la sortie, on s’est vraiment retrouvés pour jouer ce concert.
Thomas : C’était une chouette manière de marquer la sortie de l’album, avec tous nos amis présents
Soffie : Comme une cérémonie.”
Puis le groupe est partie en tournée européenne.
Soffie : Ca nous a redonné l’envie de faire des concerts en clubs.
Nanna : Aussi la première fois que Steffen a joué de la batterie lors des répétitions avec l’orchestre, on lui a dit que c’était trop fort !
Thomas : Ils ont passé 3 jours à me faire baisser le son. J’étais super frustré au bout d’un moment, mais bon, c’était logique.
Nanna : Le premier club après le grand concert, t’étais tellement content ! Tu a joué aussi fort que tu pouvais ! (rires)

Cette tournée devrait leur apporter plein de points pour le master !
Soffie : Ce sont deux mondes totalement à part. Bien sûr, à l’école, ils nous soutiennent… mais il faut étudier !
Nanna : C’est marrant parce que la raison pour laquelle tu as fait ces études, c’était pour jouer de la musique, et maintenant que ça se passe bien de ce côté-là, on a pas de temps pour étudier.
Steffen : Soffie et moi on a apporté des rédactions assez lourdes qu’il faut qu’on finisse pendant la tournée. Parce que les examens approchent.
Soffie : Donc on bosse dans le bus.
Steffen : Hier, Thomas a conduit pendant 10 heures, pendant que Soffie et moi on était en train de rédiger nos essais.” (rires)

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Lowly réclame une question marrante, donc Le Transistor leur demande d’expliquer leur obsession pour le Qi Gong.
Soffie : C’est le truc de Kasper ! C’est un tai-chi très lent, comme du stretching méditatif. Des fois on se met en cercle et on le suit, mais c’est surtout son truc à lui.
Nanna : Il y a plein d’exercices qu’il faut faire très lentement. Je crois que ça a quelque chose à voir avec l’énergie. (rires)
Soffie : Parfois la tournée peut être difficile au niveau corporel. Et il est très doué pour dire, non, là il faut que j’aille courir, je peux pas rester en coulisses. Il est très attentif à son corps, il en prend soin. Je pense que dans cette industrie, il va vivre plus longtemps que beaucoup de musiciens rock.
Steffen : C’est un sujet dont on discute beaucoup en tant que groupe. On essayer d’ avancer sans se détruire. Parce qu’on a eu des groupes auparavant, avec lesquels on tournait déjà… Thomas : Du coup on dort plus dans le van.
Soffie : On essaie de pas être destructeurs, prendre le bon qu’il y a à prendre de cette drôle de chose qu’est la tournée.
Steffen : On veut passer un bon moment et nous occuper de nous-mêmes. On aime jouer, donc on évite d’être bourrés chaque soir. Mais on boit quand même !” (rires)

Réclame

Heba, le premier album de Lowly, est paru chez Bella Union
Lire le compte rendu du concert de Lowly au festival Les Femmes S’en Mêlent


Remerciements : Katia [PiAS]

Catégorie : A la une, Entretiens
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