Interview FFS (Franz Ferdinand + Sparks)

Deux ans après Right Thoughts, Right Words, Right Action, les Franz Ferdinand reviennent avec un tout nouveau concept : une collaboration avec leurs idoles Sparks. Après onze ans rythmés par les tournées des deux côtés de l’Atlantique, les deux groupes ont enfin réussi à se poser pour composer un nouvel album, FFS. A la Maison de la Radio où FFS jouait pour la Fête de la Musique, Le Transistor s’est posé quelques minutes avec Bob Hardy et Paul Thomson des Franz Ferdinand.

Jusqu’à présent, les réactions à ce super-groupe ont été bonnes.
Bob : Bien sûr, sur Twitter, il y a toujours des mécontents avec les deux camps, qui auraient préféré un nouvel album des Franz Ferdinand, et les fans de Sparks qui ne nous connaissent pas. Mais en général, les réactions sont bonnes.
Paul : D’ailleurs, je suis un peu déçu qu’il n’y ait pas plus des critiques ! »

Cet album FFS a été écrit pendant la tournée de Right Thoughts, Right Words, Right Action.
Bob : Ce nouvel album était prêt de toute façon, parce qu’on a bossé par échanges de mails pendant la dernière tournée.
Paul : On jammait un peu dans les chambres d’hôtel.
Bob : Après la tournée, on a pris quatre ou cinq jours de repos et on est entré directement en studio.
Paul : On a fini à Bogota, on est partis directement en répétition pour apprendre les chansons. Puis Ron et Russel sont venus répéter avec nous pendant environ une semaine, avant de rentrer en studio pour quinze jours d’enregistrement.
Bob : Et c’est tout !
Paul : Aussi simple que ça. »

Depuis leurs débuts, les Franz Ferdinand avaient exprimé le souhait de travailler avec Sparks.
Bob : On aime leur approche dramatique de la chanson. En plus, Ross a une voix très spécifique…
Paul : C’est sûr qu’il y a des parallèles entre les deux projets : on fait de la pop, au sens musique populaire, mais pas forcément dans les formats classiques. On essaie de pousser un peu le concept de pop, on cherche des influences en dehors des carcans du style. Tout ce qui est mis dedans, peu importe l’inspiration, ressort sous la forme pop : ça peut être des rencontres ou des films qu’on a vus ou des situations dans lesquelles on s’est retrouvés… On en fait des chansons pop !
Bob : C’est un procédé que Sparks a utilisé pendant des années. Et dans notre discographie, ça se ressent sur des anciens titres comme ‘Jacqueline’ ou ‘Michael’. Et ça ressort d’autant plus sur cet album FFS : il y a beaucoup de chansons autour de personnages forts, comme celui de ‘Johnny Delusion‘. »

La toute première chanson, ‘Piss Off’ a été composée il y a onze ans déjà !
Bob : C’était en 2004, au début, quand on s’est dit qu’il fallait qu’on travaille ensemble. Sparks nous l’avaient envoyée par email, c’était la première étape.
Paul : L’idée à la base, c’était qu’on écrive quelques chansons avec eux mais pour le projet Franz Ferdinand. Ensuite, on voulait leur rendre la pareille avec deux chansons qu’on aurait écrites pour eux. Mais à la place, on s’est lancé dans notre discographie de quatre albums.
Bob : Oui, on se promet des choses, et on se laisse submerger par les tournées. Chacun de notre côté, on était tous très occupés.
Paul : C’est dommage, mais c’est typique : promis je t’appelle !
Bob : Et puis on est tombé sur eux par hasard à San Francisco… »

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Après cette coincidence dans les rues de San Francisco, les frères Sparks ont relancé les Franz Ferdinand en leur envoyant une chanson provoc’ !
Paul : Ils ont relancé la balle avec ‘Collaborations Don’t Work‘… !
Bob: Dans la chanson, ils ont laissé des plages pour qu’on les remplisse avec notre musique. C’est quelque chose qu’on n’avait jamais fait avant, c’était comme de jouer au Cadavres Exquis. Tu sais, le jeu où tu dessines un front, tu plies et tu passes à ton voisin pour qu’il dessine la suite.
Paul : Et puis sur d’autres chansons, c’est nous qui leur avons envoyé des plages instrumentales sur lesquelles ils ont écrit des paroles, des arrangements, des pianos extravagants. Donc c’était vraiment comme un jeu.
Bob : Quelque part, ça a aidé de travailler par email interposé.
Paul : Surtout parce qu’ils sont tellement habitués à écrire ensemble : c’est deux frères, ils sont si proches que si on intègre une troisième personne au milieu de la pièce, ça peut être intimidant.
Bob : Et là, on pouvait appuyer sur envoi sans avoir à attendre la réaction, qui peut tétaniser.

Plus qu’une collaboration, FFS une toute nouvelle entité pour les deux groupes.
Bob : Je pense que les deux groupes étaient prêts à lâcher un peu du lest, à trouver un terrain d’entente pour donner FFS. On voulait trouver un nouveau son, pour se sentir vraiment comme un nouveau groupe. Même si bien entendu on peut entendre les deux groupes dans FFS, avec un son différent.
Paul : C’est aussi pour ça qu’on a voulu faire appel à une tierce personne pour la production. Pour prendre du recul, mais aussi des responsabilités. Parce que en quinze jours de studio, il fallait réussir à arriver rapidement au but.
Bob : On adore le travail de John Congleton, et on voulait voir ce qu’il pouvait apporter.
Paul : En plus, il avait déjà bossé sur un album collaboratif, auparavant. Le projet de David Byrne avec St. Vincent, c’est lui, et c’est des personnalités bien trempées aussi.
Bob : C’était agréable de travailler avec lui, parce qu’il avait une opinion tranchée, une idée de la direction à prendre. Et une belle énergie.

Sur scène, les membres sont en train de trouver leurs marques pour ne pas se marcher sur les pieds.
Bob : C’est encore nouveau pour nous. Même si on joue des chansons des Franz Ferdinand et des Sparks, on a vraiment l’impression d’être dans un nouveau groupe.
Paul : Chaque soir où on joue, il y a de nouveaux éléments, qui arrivent spontanément, ce qui est assez sympa. Alex et Russel interagissent de plus en plus à chaque concert.
Bob : Et chacun a trouvé sa place naturellement parce qu’on a une section rythmique, et de leur côté, ils n’ont qu’une voix et un clavier donc ça s’est goupillé assez simplement. C’est pas comme s’il fallait que je m’arrange avec un autre bassiste.
Paul : Ou deux batteries, ça aurait été compliqué pour les tournées !
Bob : J’ai vu un groupe avec deux basses, mais je me souviens plus lequel.
Paul: Ned’s Atomic Dustbin, ils ont deux bassistes non ?

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La tournée vient à peine de démarrer… mais plusieurs festivals les ont déjà programmés sans avoir rien pu écouter !
Paul : On a donné un petit concert à Glasgow, c’était génial… On a répété pendant trois semaines avant le show, c’était assez intense ! Mais le concert s’est super bien passé, on a été acceptés par le cœur de notre audience.
Bob : Il y a une certaine fierté à jouer dans sa ville natale, et de pouvoir présenter Ron et Russel à ses fans de Glasgow. C’était pas rien pour nous. On a hâte de la suite qui se prépare… Glastonbury, Rock en Seine.
Paul : Il y a quatre mois, on avait aucune idée que ça se passerait comme ça !
Bob : Oui, qu’on en arrive à ce stade, c’est déjà pas mal, pour le moment.

Réclame

FFS, le premier album de FFS (Franz Ferdinand + Sparks), est paru chez Domino.
FFS sera en concert à Rock en Seine
Lire le live report de FFS à la Maison de la Radio


Remerciements : Team Domino

Catégorie : A la une, Entretiens
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