Asaf Avidan au Zenith de Paris

L’Israélien Asaf Avidan vient de sortir son troisième album solo ‘Gold Shadow’ et s’est donc lancé dans une grosse tournée mondiale, dont près de la moitié des dates sont françaises. Vu que la France aime Asaf, ou vice-versa, il jouait ce soir dans un Zénith à guichet fermé.

Les 6000 fans attendent entre autre le dernier single ‘Over my head’ et justement, Asaf Avidan l’entame dès son entrée en scène… mais le Zénith a à peine le temps d’hurler sa joie qu’au bout de trente secondes, on a le droit à une coupure de son totale. Gros murmures, encouragements, applaudissements, et le chanteur recommence sa chanson une bonne minute après. La jolie ballade avec ses chœurs doo-wop fait heureusement oublier l’intro foirée.

Après deux titres extraits du dernier album plutôt plats, Asaf Avidan annonce, embarrassé, que suite aux problèmes techniques, le groupe va devoir s’absenter. Quelques instants plus tard,les morceaux s’enchaîneront enfin sans problème, mais restent bien proprets, voire plan-plan. Les notes de synthé sonnent assez cheap, le groupe reste très statique même pendant les titres les plus pêchus… Parfois le chanteur encourage le public à taper dans ses mains dans un show tendant de plus en plus vers la variété du dimanche après-midi.

Cependant, le concert passe de phases un tantinet groovy à des moments intimistes plus touchants, moments où Asaf Avidan prend toute sa dimension. C’est notamment le cas sur un des nouveaux titres, ‘Gold Shadow’, un simple piano-voix assez spectaculaire, même bouleversant, interprété sous un simple trait de lumière devant un Zenith bouche bée.

Alors que le temps se retrouve suspendu, Asaf Avidan est capable de faire retomber le soufflet, en déclamant des messages longuets (et en anglais) sur des sujets philosophiques divers comme le chaos, l’ordre, l’alchimie… interrompant même les morceaux. Au fur et à mesure des interventions, les messages perdent de leur spontanéité et commence à devenir lourds.

Le titre ‘Growing Tall’ fait un peu s’agiter une audience jusque là assez figée, avant un rappel qui voit évidemment poindre LE tube, ‘Reckoning Song’ qui donne immédiatement la chair de poule. Sa voix exceptionnelle s’envole dans l’énorme reverb d’un Zenith étonnamment approprié pour transmettre ce genre d’émotions.

Le deuxième rappel aura plus de punch mais on n’échappe pas aux messages pseudo-métaphysiques… déclamés tel un bluesman ou un prédicateur. Et quand il conclut d’un “Alleluia” les gradins passent en mode standing ovation.

Asaf Avidan est énorme tout seul à la guitare ou en multi-instrumentiste ; ses prouesses vocales et son interprétation sont hors du commun ; mais pourquoi glose-t-il autant pendant ses concerts ? Petit à petit, avec son groupe si convenu, il s’éloigne de l’esprit qui animait ses concerts à ses débuts.

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Remerciements : Nina [Polydor]

Catégorie : A la une, Concerts
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2 réactions »

  • La programmation des Solidays 2015 - Le Transistor | Le Transistor :

    […] qui devrait forcément envoyer du gros bois et remuer le public de la grande scène. Un passage par l’envoûtant Asaf Avidan bien qu’il nous ait déçus au Zénith, et on ne loupera pas, comme d’habitude, The Do (lire l’interview), qui ne nous déçoivent […]

  • Solidays 2015 - vendredi - Le Transistor | Le Transistor :

    […] plutôt plein d’entrain, contrastant avec ses précédentes tournées en solos assez intimistes. Cette formation nous avait un peu déçus en début d’année au Zénith de Paris, mais force est de constater qu’elle sied bien au jeune et bouillonnant public de Solidays. Même […]

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