festival des inRocKs Philips – The Jesus and Mary Chain

Dernière soirée du festival inRocKs Philips à la Cigale. Après une semaine de concerts, l’hebdomadaire choisit de clôturer l’édition 2014 avec The Jesus and Mary Chain, soit l’opposé total en termes de performance scénique par rapport aux années précédentes avec Pulp ou Suede, plus dans le démonstratif. En première partie : Bad Breeding en mode brut de décoffrage, Eagulls pour la touche post-punk, et Royal Blood pour les assoiffés de metal.

Bad Breeding

Les Anglais débarquent sur scène, bière à la main, au soin de ‘Je t’aime moi non plus’ de Birkin et Gainsbourg. Comme seule indication de leur identité se trouve à terre un flycase tagué à leur nom. En deux secondes, le chanteur se retrouve à genoux pour hurler, tandis que son guitariste – déjà torse nu pour pas perdre de temps – s’acharne sur son instrument. Dans une ambiance très apocalyptique, Matt Toll profite que Chris Dodd se rétame sur l’ampli pour lui monter dessus. Le guitariste et le chanteur passent le reste du temps à se chamailler quand Chris Dodd n’est pas à quatre pattes pour brailler dans le micro de la batterie dévastatrice. Impressionnant.
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Eagulls

Main dans le dos, en manteau noir, George Mitchell traîne dans son sillage une image de poète maudit. Il fait les cent pas en attendant que les musiciens soient prêts, chancelant presque, contrairement à son chant qui se veut assuré. Autour de lui, le batteur, encore débutant semble-t-il, s’applique, le bassiste se tient dos à la foule, et le guitariste se cache derrière sa chevelure.

Petit à petit, l’intensité devient prenante, son regard émacié et ses gestes un peu imbibés rajoutent à l’ambiance d’auto-destruction. Chaque morceau se veut plus sombre que le précédent : sa voix se fait plus déchirante, ses paroles plus tourmentées, et surtout répétitives pour ajouter à l’effet dramatique… Puis quand l’audience semble avoir touché le fond, il redonne un peu d’espoir pour enfin achever le public avec ‘Nerve Endings’ à l’angoisse palpable.
YouTube Preview Image Pour certains inconditionnels de The Cure, la ressemblance avec Robert Smith est frappante.

Royal Blood

Histoire de faire dans la dentelle, le duo entre en scène sur ‘99 Problems’ de Jay Z. Puis chacun se met de son côté de la scène, et Royal Blood commence à tabasser sur des envies hard rock. Bientôt, des petits pogos se déclenchent sur des tubes accrocheurs aux faux airs de Metallica. Les clichés du genre s’enchaînent, déchaînant des slams, et surtout des ovations dans le public. Si les mélodies sont bien efficaces, le Transistor reste un peu de marbre face à ce produit, certes bien emballé, mais peu appétissant.
YouTube Preview Image Lire le live report de Royal Blood au Printemps de Bourges

The Jesus and Mary Chain

Dans les années 80, quand le groupe était au fort de son ascension, leurs performances scéniques étaient violentes, assorties de stroboscopes aveuglantes. Depuis leur reformation, leurs concerts se veulent sobres, complètement distants, affichant un air blasés. Et pourtant, ce soir, The Jesus & Mary Chain n’est pas avare puisque le groupe servira les tubes avant de jouer Psychocandy, le tout premier album, dans son intégralité.

Pour le style, Jim Reid, le regard dans le vide alors que son frère torture sa guitare, porte un t-shirt des The Modern Lovers, groupe qui n’a existé que trois ans dans les années 70. La mise en scène est propre, un peu trop, comme les jeans un peu trop neufs, qu’on soupçonne d’avoir été repassés. L’urgence semble manquer, jusqu’à ce que le groupe déchaîne ‘Head On’. Cependant, la batterie refuse d’exploser, menaçant ainsi chaque virage de guitare pour créer cette tension que tout le monde attend. Qui explose légèrement sur leur fameux ‘Reverence’ sur lequel la foule ose reprendre « I want to die just like JFK »…

Dans le vacarme de larsen qui suit ‘Upside Down’, le groupe quitte la scène pour passer un film en fond de scène sous les sifflets du public mécontent de cette interruption. Heureusement The Jesus & Mary Chain reviennent pour ‘Just Like Honey’ et enchaînent Psychocandy dans l’ordre comme si de rien n’était. On retrouve alors leurs sons plus criards des débuts, et Jim se fend même d’un sourire quand la foule s’excite sur ‘The Hardest Walk’.

Malgré ses bientôt 30 ans d’âge, ce premier album n’a rien perdu de sa brutalité. Et surtout pas sur ‘Something’s Wrong’. Sobrement, une fois ‘It’s So Hard’ finie, le groupe quitte la scène escorté par les larsens, sans accorder un second regard à la foule. Et ce flegme laisse une impression encore plus rock’n’roll que s’ils s’étaient défendus face aux insultes !
YouTube Preview Image Lire le live report de The Jesus and Mary Chain au Primavera festival


Remerciements : Charlotte Brochard

Catégorie : A la une, Concerts
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