Entretien avec les Mofo Party Plan

Au This Is Not A Love Song festival, Le Transistor a fait la connaissance d’un groupe local : les Mofo Party Plan. Finalistes des inRocKs Labs, le jeune groupe nîmois se prépare à faire une tournée des festivals plutôt sympathique avec un passage par Belfort pour les Eurockéennes, La Rochelle pour les Francofolies, Argeles sur Mer pour les Déferlantes et Vers-Pont-du-Gard pour le Lives au Pont. Dans une salle de répétition du Paloma, on a discuté avec Simon, Charles, Maxime et Jessie de l’arrivée de cette SMAC dans la région.

Mofo Party Plan

Avec des marques de rouge à lèvres bien visibles sur la joue, Simon raconte l’impact de la chronique d’André Manoukian sur leur image. « Après le passage sur France Inter, nos ventes d’EP ont explosé !
Simon : ça a doublé… à notre échelle !
Maxime : Oui, ça veut dire qu’on est passés de vingt-cinq à au moins cinquante ! »

Malgré un nom marqué par la musique des années 90, Mofo Party Plan donne dans le dance-rock très actuel. « On sait bien qu’il y a un album des Red Hot Chili Peppers qui s’appelle The Uplift Mofo Party Plan, mais ça fait pas partie de nos influences.
Charles : ça fait partie des groupes qui ont marqué la musique. Mais c’est plus pour ce que ça signifie que pour la référence aux Red Hot…
Simon : Maintenant ce groupe est nul, mais on aimait l’esprit qu’ils avaient à l’époque. En tous cas, leur musique se ressentira pas dans notre musique.
Charles : C’est surtout cette énergie rentre-dedans, c’était super vivant : c’est de la musique pour la fête, ils prennent plein d’influences, pour un effet melting-pot, et puis ils envoient !
Jessie : Au collège, on squattait l’album !
Charles : Je crois que c’était la première reprise qu’on a faite ensemble aussi…
Maxime : Tirée de cet album d’ailleurs, c’était ‘Fight Like a Brave’
Simon : Don’t be a slave
Charles : No one can tell you… »

Le festival This Is Not A Love Song est né avec la nouvelle salle de musiques actuelles, le Paloma, il y a deux ans. « Il y a eu un avant et un après c’est indéniable
Simon : Déjà parce qu’ils ont lancé une pépinière d’artistes, La Belle. Ils organisent ce qu’on appelle des Local Heroes, qui permettent aux groupes de la région et alentours, de venir se produire au club, et franchement ça a fait bouger les choses.
Maxime : Avant, y avait pas grand-chose. Le milieu associatif se bougeait beaucoup, parce qu’il fallait se battre, c’est un peu des résistants. Et ce qui est assez intelligent, c’est que Paloma a décidé de pas tuer l’éco-système des assos et a essayé de les aider. Comme Come On People, qui organise le festival, en partenariat avec le Paloma.
Simon : Les seules scènes qu’il y avait à Nîmes c’était les Arènes l’été, pour de gros groupes comme Radiohead ou Depeche Mode. Les petits groupes jouaient dans les bars, mais il y avait pas d’entre-deux. Pour voir des groupes cools, il fallait aller à Montpellier, ou ailleurs.
Charles : Il y avait juste un tremplin, organisé par la ville, La Bourse des Jeunes Talents, qu’on a gagnée. Ils offraient des concerts sur le parvis des Arènes, une première partie intéressante dans la région, et la finale à l’Odéon. Mais c’était une des seules fois où il y avait un concert au théâtre de l’Odéon… »

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Petit à petit, le groupe se construit son univers visuel. « On était pas présents en terme de vidéo sur la toile, parce qu’on avait pas de clip : on avait juste des vidéos de concert, ou alors des sessions, mais le strict minimum. Et on avait conscience que ça manquait. Ca fait presque un an qu’on a sorti notre premier EP Chupacabra, donc certes on est carrément à la bourre, mais c’est une première expérience : on se fera pas avoir la deuxième fois.
Simon : Comme on avait pas les moyens de faire un clip, le but c’était de faire ça le plus gratuitement possible. Avec l’aide des copains, on a réussi à avoir un bon objectif, une bonne caméra, l’actrice pour jouer le rôle de la fille de onze ans, et on a fait ça dans une maison un peu abandonnée de la région.
Charles : Il a été filmé, monté, y a plus que la post-prod à faire. Si on a un peu traîné, c’est parce qu’on voulait pas se louper sur le premier clip, faire quelque chose de bien, qui nous corresponde, pas faire un truc bateau avec les musiciens qui jouent en play-back.
Simon : Oui, vu qu’on avait pas les moyens de faire un clip scénarisé, on a vu le moment où on allait devoir filmer nos répétitions en studio. Imagine le genre de clip !
Jessie : A moins d’avoir Gondry comme producteur…
Maxime : Et comme Gondry coûte cher, il a fallu qu’on trouve une solution pour être créatif sans sou donc on a pris du temps pour pas se louper. »

Depuis 2010, Mofo Party Plan avance en autoproduction, sans manager. « On fait tout nous-mêmes : on cale les dates, on fait les clips… Le Paloma nous aide, ils nous donnent des conseils, et parfois donnent des coups de pouce via leur réseau. Donc on se développe comme ça, comme on peut.
Charles : On dit pas qu’on cherche pas, parce qu’on fait ça avec nos moyens, et on sait qu’on est pas vraiment des pros. Mais on a reçu des propositions et pour l’instant on a pas trouvé la bonne personne. Donc en attendant on s’en charge, mais le jour où une proposition qui nous convient, bien pour les deux parties, on fonce.
Maxime : On cherche à se développer, donc on cherche un booker et un manager.
Jessie : Mais je pense qu’il faut pas se précipiter. »

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Malgré tout, leur tournée 2014 est blindée de festivals bien réputés.
Charles : On s’était fixé de jouer dans un festival cet été, donc on est super contents.
Jessie : Même si on est dégoutés de pas jouer avec MGMT
Simon : C’est une question de prestige…
Charles : Par contre on sera avec Seasick Steve, et ça c’est cool. »


Remerciements : Jean-Philippe (Martingale)

Catégorie : A la une, Entretiens
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