Beaffle #6 : Festival Pitchfork

Pas plus tard que la semaine dernière, j’étais invité par Green Room au Pitchork Festival, sorte de convention Star Wars mais avec des moustaches et des Tot Bags à la place des déguisements de Chewbacca et des sabres lasers en plastique.

Au programme : 3 jours de musique qui, on l’espère bien, ne passe pas à la radio (sauf sur Radio Neo, Le Mouv ou Nova à la rigueur), et, on l’espère bien ne sera jamais connue. Sinon on dira que c’est devenu de la merde. Mais au delà de l’excellente prestation de Hot Chip, des très très cools Youth Lagoon, de la déception Sky Ferreira ou encore des funny Mount Kimbie il y avait un autre spectacle dans la Grand Halle de la Villette : le défilé des spectateurs. Avec notamment le magnifique short camouflage orné d’un t shirt leopard et d’un k-way blanc sur lequel trônait un bonnet noir. PAR FAIT.

Moi j’avais opté pour un jean rouge et le t-shirt que m’avait offert une grand marque de bière dont on ne citera pas le nom à l’antenne avec la tête de Gerard Adrian Heineken. En mode barbe de 6 mois et petites lunettes. Un vrai hipster le Gerard.

Si t’étais pas au Pitchfork, ou si on s’est moqué de toi comme un roux dans la cour de l’école et que tu sais pas pourquoi, voici quelques conseils pour ne pas passer pour un gland au festival d’un grand magazine qui commence cette semaine. Ou pour tout autre événement qui n’intéresse personne au delà de la rue Oberkampf.

Petit a. Les fringues. Même si on doit pas juger un bouquin sur sa couverture et même si, comme disent les enfants de chœur, la bite ne fait pas le moine, l’apparence c’est important. Il te faut un style qui t’es totalement propre. Mais qui va ressembler à tout le monde. Ouais. Bon. En gros faut être différent des gens normaux de la rue et qui passent à la télé, mais être pareil que les gens qui seront là avec toi. Un bon gros t shirt à message ou une chemise vintage feront l’affaire en haut pour les garçons. Un t shirt XXL ou un débardeur largement ouvert sur les côtés pour laisser entrevoir le soutien gorge fera l’affaire pour les filles. En bas, t’as le choix entre le classique jean qui mettra en valeur ton haut, ou aller au bout de l’excentricité comme le short camouflage cité tout à l’heure, le kilt fluo ou le legging avec des zèbres et des étoiles. Rigolez pas, je l’ai vu. Si tu veux me ressembler, tu peux rajouter un bonnet ça fait toujours classe.

Petit b. La programmation. Tu dois absolument trouver des groupes que tu adores et des groupes que tu détestes. Te fais pas chier à écouter toute la programmation non plus hein, choisis dans ceux qui passent vers 21H/22H et t’en prends un que t’aimes et un que tu détestes. Et tu fais pareil pour les groupes qui jouent en premier vers 17H. T’auras à la fois des groupes connus et des groupes inconnus. Ensuite, tu vas lire les critiques sur les blogs, NME et Pitchork tu saura si tu dois aimer ou pas. Vérifie bien quand même que c’est EFFECTIVEMENT le groupe en question qui joue quand tu en parles sinon tu risques de passer pour un con. On a déjà vu des journalistes écrire sur des concerts qui ont été annulés. Mais faut dire qu’au bar on entend pas toujours bien.
Moi au Pitchfork j’avais pris le parti d’adorer Youth Lagoon et de détester Sky Ferreira. Attention cependant, tu pourrais être entouré d’intellectuels qui vont te demander ton avis.

Du coup : Petit c. Ton avis. Du dois forcément en avoir un. Sinon tu vas passer pour un con. Et tu dois faire en sorte que ce soit le tiens à toi, même si t’as juste lu une vague chronique sur Stereogum. Saches que tu dois forcément aimer ou pas les choses. Pas de place pour l’indécision. C’est binaire. Bon, par exemple tu peux trouver que Blood Orange à “alterner entre rythmiques funk diaboliques et solos épiques en tapping, soutenu par un bassiste qui envoie le bois avec ses slaps impeccables”. Par exemple. Ou trouver que Mount Kimbie “est complexe, inclassable et se mue en permanence“. Ça c’est pas mal. Je te déconseille néanmoins les mots éponymes, opus, galette et combo que tu utiliseras plutôt pour, PETIT D : raconter.

Parce que tout le monde doit savoir que t’étais là. Donc tu dois dire avec des mots tout ce que t’as vu sur ton blog et ton twitter, alors que finalement tout le monde s’en bat les couilles vu que tes 50 amis Facebook et tes 143 followers Twitter ETAIENT de toutes façons avec toi. Mais bon c’est comme ça, faut laisser sa marque à la postérité, d’autant plus si t’as été invité. Alors là t’es carrément obligé de justifié l’économie que t’as fait faire ton parrain.

T’as plus école, c’est pas uniforme. Les Jean Michel Largué musicaux iront sur Twitter pour parler en live et agrémenteront leur histoire par quelques photos Instagram. Les Arthur Rambo prendront la plume de leur clavier et écriront sur leur petit blog, pour que leurs mamans puissent savoir ce que les oreilles de leurs progénitures ont pensé, de ce qu’elles ont entendu entre chaque pintes consommées, bien entendu, avec quelques potes et modération. Et pour les vraiment gros branleurs qui grattent des invits uniquement pour glandouiller au bar en essayant de pécho ce qui passent et se faire offrir des coups à boire ou encore des goodies, et bah ils parleront négligemment dans le poste pour se rendre intéressant. Oops.




Catégorie : Editoriaux
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