Entretien avec O Safari

Au sein de la nouvelle scène francophone, O Safari est le groupe qui semble vouloir prendre le plus de risques. Leur EP Taxi était très prometteur, aussi Le Transistor a décidé de les rencontrer aux Trans Musicales de Rennes. Ne serait-ce que pour leur faire part de nos attentes, parce que ce qu’on aime chez eux, c’est qu’ils assument beaucoup de choses. C’est au cours de cet entretien qu’on a découvert que comme leur nom l’indique, O Safari c’est des fans de Air à la base, mais pas que.

O Safari

La première référence que Julien annonce pour expliquer le choix des textes en français est… « Les Innocents, c’est des groupes qui ont cartonné dans les années 90, très pop et tout ! Ce qui correspond aussi à ce qu’on écoutait à l’époque où on a monté le groupe.
Laurent : c’est un truc qu’on partageait depuis très longtemps. »

Entretien avec O Safari

Entretien avec O Safari

Petits nouveaux sur la scène française, les O Safari n’en sont pourtant pas à leur coup d’essai.
Laurent : Depuis dix ans, on a toujours joué ensemble, mais on a toujours eu d’autres projets à côté.
C’est-à-dire que Julien a eu Manceau et moi j’ai eu Fatras,
Julien : et en parallèle de ces deux projets là, on a toujours fait de la musique ensemble. Sauf qu’on avait jamais eu réellement l’opportunité de pouvoir développer un truc qui nous plaisait tous les deux.
Laurent : avant on avait monté d’autres projets aussi. Et là on s’est dit qu’on lançait O Safari comme on a lancé quatre ou cinq autres projets avant.
Julien : C’était des groupes qui avaient pas forcément beaucoup d’actu, qui avaient pas forcément beaucoup fonctionné. »

Toutes ces expériences au sein de groupes en tous genres sont essentielles au développement de leur son.« Quand tu fais de la musique, avec le contexte actuel, t’es obligé : y a énormément de musiciens qui ont plusieurs projets, qui développent, qui créent, qui font de la création dans plusieurs groupes. Personnellement j’adore composer avec les gars dans Manceau, y a un espèce de truc qui se passe, on a un certain nombre de références. Et avec Laurent, on partage des choses qui sont complètement différentes.
Laurent : L’idée c’était pas de monter O Safari pour quitter nos groupes. Depuis six mois j’ai monté encore un autre projet à côté, plus à la cool, juste parce que j’avais envie d’un gros truc rock. Et O Safari, c’est parce qu’on avait envie de faire un truc juste tous les deux.
Julien : Et du coup, moi j’ai besoin de me retrouver dans ces deux univers là, quelque part. Dans Manceau, c’est aussi une échappatoire à O Safari, et inversement. Ca me permet d’expérimenter des trucs que je pourrais pas forcément tenter autrement, ou alors pas de la même façon. »

Avec O Safari, Julien et Laurent avaient surtout envie de se mettre en danger.
Julien : Quand t’es deux sur scène, t’es un peu plus à poil quand même. Faut occuper plus l’espace, t’interagis différemment avec les gens, et en plus de ça, on avait envie d’assumer le chant en français.
Laurent : Et puis jouer à deux, dans la production, dans la composition et aussi dans la façon de travailler le set, ça implique de bosser avec des machines. Du coup, c’est ce qui a un peu conditionné notre son, c’est ce qui rend le côté un petit peu electro synthétique. »
Pourtant, leur EP Taxi semble chercher des affiliations dans tous les sens.
Julien : oui, peut-être un peu trop. Un groupe, quand il se développe, a besoin de sortir des références assez proches de ce qu’il fait. Mais après on est un groupe très jeune, je pense que notre son peut évoluer, clairement, on est super contents de ce qu’on a fait. Mais on accueille les critiques. C’est un peu caricatural, mais on assume aussi ce truc-là, l’EP on le défend vraiment. Les titres qu’il y a dessus peuvent paraître un peu…
Laurent : décousus
Julien : pas décousus, mais on a fait les « gros traits ». Moi j’assume les erreurs qu’on a peut-être faites sur l’EP, dans les grosses références. J’aime un projet bancal aussi, et je pense, enfin j’espère, sans égo, mais qu’on va mûrir et que demain on va pouvoir essayer de distiller un truc un peu plus cool. »

O Safari reste dans la mouvance années 80 qui fonctionne en ce moment.
Laurent : Très franchement, on est pas dans le calcul. C’est juste qu’on va pas le renier : on est très sensibles à la scène française actuelle. C’est sûr que c’est une scène qui porte et qui donne des envies, des idées.
Julien : Les Granville on a fait des concerts avec eux, on adore ce qu’ils font, AV je suis ultra fan de sa façon d’écrire, et on aime énormément Aline, en tous cas le morceau ‘Je bois et puis je danse je le trouve juste parfait.»
Mais ce qui fait leur singularité, c’est que le son est plus orienté anglo-saxon.
Laurent : C’est justement parce qu’on a pas beaucoup d’influences françaises. C’est pas quelque chose qui est ancré dans ce qu’on a écouté, même jeune. Et du coup c’est quelque chose qui reste assez frais, dans la manière dont Julien écrit.
Julien : Effectivement, on est beaucoup influencés par des choses anglo-saxonnes. Là comme ça, je peux parler de Kindness, evidemment d’Hot Chip, New Order et Joy Division dans les choses anglaises. Après moi j’aime beaucoup aussi les choses américaines des années 80, comme les productions de Madonna. »

Et pour les textes, il semblerait que Julien ait eu un déclic en écoutant Arnaud Fleurent-Didier.
Julien : Son album La Reproduction m’a en fait un peu décomplexé. Je me suis dit : putain mais ce mec il chante, il arrive à retranscrire la banalité. Enfin pas la banalité mais en tous cas une situation, toute conne genre je vais au cinéma. On se dit que c’est de la merde ces textes, on se fait chier, et puis finalement, je trouve que musicalement c’est mortel, c’est beaucoup plus intéressant que ce qu’on pensait. »
Laurent : C’est vrai qu’il y a un truc littéraire qui est un peu plus poussé que ce qu’on veut faire nous. »
Julien : Nous on s’emmerde pas, on fait ça au feeling. On veut faire un truc un peu plus pop : des choses très simples sans chercher à vouloir faire forcément du premier degré. Des trucs assez immédiats en fait. »

Réclame

Taxi, le premier EP de O Safari est déjà disponible
O Safari seront en concert le 19 juin avec AV et Florian Mona à la Maroquinerie
Lire le live report de O Safari aux Trans Musicales


Remerciements : Gwen (Rabeat's Cage)

Catégorie : A la une, Entretiens
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2 réactions »

  • Gagne tes places pour O Safari le 19 juin | Le Transistor :

    […] O Safari on t’en a déjà parlé. Si tu suis un peu les publications, on vient de balancer l’interview faite aux Trans Musicales de Rennes. Déjà c’est la classe un peu que de jouer aux Trans Musicales (comment ça ils sont de Bretagne ?). Si tu as lu l’interview, tu sais que le groupe c’est Laurent du groupe Fatras, et Julien du groupe Manceau. Potes depuis toujours, ils ont monté O Safari pour se faire plaisir mais aussi pour se mettre en danger. Si le topo t’a donné envie de venir au concert, tu peux jouer sur le mur du Transistor. Sinon, peut-être que le clip peut te convaincre ? En tous les cas, tu peux lire l’interview ici. […]

  • Paradis - Le Transistor | Le Transistor :

    […] tous les groupes qu’on a croisés fin 2012, avec cette vague electro chantée en français (lire l’interview de O Safari par exemple ou celle de Lescop). Mais le chant de Simon Mény a quelque chose d’intrigant et de […]

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