The Rapture à la Salle Peyel

Lorsque la nouvelle est tombée en juillet dernier, c’était le choc : quinze ans après leur dernier concert français, The Rapture annonçait son grand retour pour une date unique à Paris. Finalement, le groupe, enfin surtout Luke Jenner avec deux nouveaux acolytes, ne rempliront pas la Salle Pleyel.

The Rapture

The Rapture © MATT CONDON
Le parterre est petit et bondé, mais la salle est vide. Trois musiciens font leur entrée après une très longue intro au son de ‘Tonight’s the Night’ de Neil Young. Au milieu de la scène, le trio paraît maigre, comme en mode survie, concentré sur l’essentiel.

Luke Jenner lance un What’s up French people? avant de se jeter littéralement sur sa guitare, qu’il martyrise quelques secondes pour ‘Confrontation’. De fait, il s’éloigne, revient, cherche le contact, comme s’il fallait réapprendre à se trouver, lui, le groupe, le public. L’urgence est là, amplifiée par un batteur au jeu très jazz, qui bouscule constamment le cadre.

Avec ‘Sister Saviour’, les guitares se font métalliques, tranchantes, et Luke Jenner répète “Can you feel it?” devant un public un peu trop sage, encore sur la réserve. Le bassiste danse, puis se poste à l’extrémité de la scène face au guitariste, comme dans une arène improvisée. ‘Echoes’ arrive et la foule est en extase, profitant du final bien foutraque. Sur ‘Blue Bird’, le batteur est survolté.

Puis vient ‘Open Up Your Heart’, le chanteur lâche un “ça va ?” et on se demande pourquoi, alors qu’il a une maison dans le sud de la France, il n’en profite pas pour échanger avec le public ? Car pendant ce temps-là, le public papote, dissipé, attendant que le morceau ne s’installe enfin.

Whoo! Alright – Yeah… Uh Huh’ relance tout à coup la machine : retour des cris, des rythmes brisés, et surtout de cette tirade contre les gens qui restent les bras croisés. Luke Jenner semble nous railler, nous cette foule trop statique, il glisse même une pique politique, et finit par faire bouger un peu plus la fosse, comme si la honte de rester immobile devenait un moteur. Sauf qu’au lieu d’enchaîner sur des tubes, ils enchaînent sur un très calme ‘The Chair That Squeaks’.

Après seulement 50 minutes de show (dont une reprise du Steve Miller Band), The Rapture quitte la scène rapidement et revient pour un rappel qui ressemble autant à un cadeau qu’à une provocation. ‘How Deep Is Your Love ?‘ tourne au karaoké géant, puis ‘House of Jealous Lovers’ déclenche enfin la transe attendue. La présence d’Éliane Viens-Synnott de La Sécurité (groupe qui assurait la première partie) indique qu’il s’agit bel et bien d’un final.

Une partie du public grince des dents : une heure de concert, c’est peu, certains huent, d’autres se demandent si des questions de droits ne brident pas la setlist. En effet, pourquoi ne pas jouer les tubes du dernier album In the Grace of Your Love ? Mais au-delà de la frustration, ce retour en demi-teinteressemble à une drôle de mise à nu.

Sur Facebook, Luke Jenner se raconte, fatigué, son corps n’étant plus habitué au rythme des tournées. Mais les roses envoyées par l’artiste à son public après le rappel paraissent bien légères compte tenu du prix des billets. On aurait dû aller voir The Hives au Zénith qui eux aussi opéraient un retour 10 ans après l’album Lex Hives. Au moins en une heure de concert, on aurait eu le droit à la moitié des tubes !

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