Are We Brothers ?
Les Are We Brothers ?, c’est la sensation pop-rock aux accents ska du Danemark. Nos chemins se sont croisés au détour d’une soirée Custom des Inrocks, au cours de laquelle ils présentaient leur premier album éponyme. Le Transistor les a rencontrés à l’occasion du festival Chorus. Présentation d’un groupe frais et plein d’énergie, et surtout pas comme les autres.

Are We Brothers ?
C’est le boxon dans la salle, les quatre musiciens jouent à la balle, impossible de les tenir. Ca doit être une manière de relâcher la pression parce que sur leur MySpace ils clament « It..s not luck it..s hard work motherfuckers » !! “Oui, on est des bosseurs, ça c’est clair. Après avoir travaillé sur l’album Are we brothers ? on en a sorti un autre avec le groupe danois, Gypsies et on a tourné avec une artiste danoise tout l’été – donc on bosse sans arrêt.
Cette artiste Madina est très connue au Danemark en ce moment. Très pop, electro-pop. Mais c’est marrant de faire quelque chose de radicalement différent, parce que quand on vient ici, on peut jouer notre propre musique, ça ne rend que l’expérience encore plus géniale.”
Justement, comment ont-il fait pour atterrir en France ? “L’album est sorti depuis déjà 2 ans au Danemark. On a rencontré David de Discograph à un festival danois et il nous a proposé de venir. On a un peu joué en Allemagne, avant même d’avoir un album. Mais ce qui se dit c’est que si on sort un album en Allemagne, on peut pas le vendre ailleurs en Europe – à part si on est Allemand. La France a été le premier pays à montrer son intérêt, et nous on aime beaucoup la France : pour la bouffe et le vin rouge… et le succès !”
Ils sont comparé à Bloc Party. Sur quels point se sentent-ils proches du combo britannique ? “C’est tout simplement parce que Bloc Party représente le son moderne, l’expérimentation. Ce qui est très important, c’est qu’on vient tous de milieux différents. C’est bien plus que les Clash et Bloc Party mentionnés dans le communiqué de presse. On adore Bob Marley, Jimi Hendrix, The Specials. Mais les Clash n’auraient pas existé sans Bob Marley, c’est une grande chaîne d’évolution musicale et nous on pique tout ce qu’on peut.”
Ils vont même jusqu’à reprendre Ace of Base, les Suédois font-ils partie de leurs influences aussi ? “C’est juste arrivé comme ça. On avait bu, on a commencé à jouer, et les gens ont trouvé ça drôle… On l’a pas fait exprès. Notre première tournée, on s’était pas vraiment préparé, et c’est en chemin qu’on a essayé de jouer les morceaux en live, et au détour d’un riff… C’est marrant à jouer, parce que quand c’est un public de notre âge, ils reconnaissent, mais les plus jeunes ne savent pas du tout qui c’est. Ca leur dit quelque chose, ils essayent de chanter, mais ils se rendent pas compte de qui c’est. Par contre ‘Kids‘ de MGMT c’est la première chanson pour laquelle on a décidé tous ensemble de la reprendre et de la travailler.
Ils travaillent beaucoup avec le producteur Fridolin. Comment l’ont-ils rencontré ? “Il a énormément contribué à notre album. On a bossé avec lui sur beaucoup de projets, notamment les deux albums avec Gypsies, et on a aussi joué avec lui sur The William Blakes. On est partout, toujours en mouvement, c’est pour ça qu’on s’entend bien avec Fridolin. Il a travaillé avec P. Diddy, puis avec nous, puis sur des trucs beaucoup plus indie. Avec son frère jumeau, ils sont les producteurs les plus demandés du Danemark. Mais quand on l’a rencontré il était encore émergeant. Il est vraiment cool, et très éclectique et vraiment vraiment doué.”
http://www.dailymotion.com/video/xandfcShaka essaie de lire mes notes pour les questions… Et choisit le prochain sujet ! “C’est quoi cette histoire comme quoi on s’est retrouvés sur le quai d’une gare ? Je crois que c’était une métaphore. Ou alors c’est un mensonge, on a du mentir lors d’une interview. Parce qu’en vrai, Lasse et moi on était ensemble à l’école quand on avait 5 ans. Bjik est allé à la même école que nous, mais il est si jeune qu’on l’a rencontré que plus tard. Et on a rencontré Benjamin, quand on avait 18 ans. Mais pourquoi pas on s’est rencontré dans une gare. Et puis, c’est vrai qu’on répétait dans une gare à l’époque en fait, à Alken, avec les Gypsies.”
Ils m’avouent que ça leur arrive de mentir lors des interviews. Par exemple, ils n’aiment pas la France ! Tous des fachos ! Et voilà que le sujet dérive de politique, débattant des élections régionales où le FN s’est bien placé une fois de plus. “Oui c’est un chiffre important, mais moins qu’au Danemark. Donc félicitations ! Le Danemark est très raciste, surtout en politique. On a un parti, pire que le FN en fait, qui s’appelle le Parti Populaire Danois. Ils font 20% en général aux élections. Ils ne sont pas au gouvernement, mais ils ont leur mot à dire sur tout ce que le gouvernement décide. Dans la constitution on a un paragraphe qui dit qu’on ne peut pas discriminer quelqu’un sur la base de sa race ou de ses croyances – et ce parti veulent la faire enlever pour ne plus avoir à payer d’amendes.
Il faut que les jeunes gens en France le sachent, parce qu’on entend toujours à quel point ça se passe mal ici, et sans aucun doute, ça peut être difficile de vivre dans les banlieues, mais ça peut être dix fois pire, ça peut s’attaquer aux mentalités des gens et c’est ce qui est en train de se passer au Danemark en ce moment. C’est aussi pour ça qu’on cherche un peu à s’éloigner du Danemark. L’ambiance commence à ressembler à l’Allemagne dans les années 30. Et ça peut se passer en France aussi. C’est facile, tout va dans ce sens.
On a eu une guerre des gangs, entre les White Bikers, ils possèdent tout le trafic de drogues, et sont très présents dans les centres culturels pour les jeunes, c’est là qu’ils y recrutent leurs troupes. Mais les Musulmans marchent sur leurs plates bandes… Ca a commencé récemment, y’a 2 mois, j’ai vu un gars sortir son flingue en plein club. Et si tu vas dans le centre de Copenhague, la violence est très importante, les gens se jettent les uns sur les autres, se piétinent la gueule.”
C’est la crise qui a créé ce climat ? “C’est le climat politique qui est responsable de la situation. Et la police y met du sien, ils sont de plus en plus durs. En France, on sait que les CRS ont toujours été hard core, mais chez nous c’est tout nouveau.”
C’est assez étonnant de pouvoir discuter politique au détour d’une interview pop. « On a jamais l’occasion de parler de politique dans les interviews… On en a un peu marre de parler sans arrêt des Clash et de Bloc Party. Avec notre ancien groupe, on avait mis les paroles dans le livret du premier album : c’était très politique, très engagé sur le Danemark. Mais ça a gâché notre promotion, parce que c’était le seul sujet dans les interviews ou sur les chroniques. Alors qu’on voulait qu’ils parlent de notre musique.” Mine de rien, le groupe est toujours dans une démarche politique mais sans l’afficher. “Exactement, c’est ce qu’on fait en ce moment – c’est ce qu’on va faire à l’avenir.” Pourtant, Are We Broythers ? est un groupe damier. C’était sûrement pour faire passer un message ? “Non c’est pas un concept. C’était sur casting.” (rires)
Remerciements : Audrey (Discograph)
Catégorie : Entretiens
Artiste(s) : Are We Brothers ?

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