Deftones à la Boule Noire

Tout est dit dans le titre : imaginez juste un des groupes de métal les plus influents des vingt dernières années (et oui, déjà) qui joue dans une salle d’environ trois cent personnes ! Remplissant la salle parisienne en trois minutes chrono, les Californiens se payent un joli coup de pub pour la sortie de leur sixième album. Mais pas que.

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Malgré ce qu’en disent les deux factions en place (en gros, les parisiens et les provinciaux), vivre à Paris présente son lot d’avantages non négligeables. Parmi ceux-ci, le privilège de voir passer de temps à autres des groupes internationaux dans des salles ridiculement minuscules en comparaison de leur notoriété. Pour le label, ça permet de buzzer un peu autour de la sortie plus ou moins proche d’un nouvel album (en l’occurrence ici Diamond Eyes, sorti quelques jours plus tôt). Pour le fan, ces concerts semi-privés sont une occasion unique de voir son groupe préféré dans d’exceptionnelles conditions d’intimité. Quand aux artistes, ils retrouvent le temps d’un concert cette proximité immédiate à laquelle ils ont renoncé le jour où ils ont foulé la scène de leur première arène. C’est ce qu’on appelle un win-win(-win).

L’intérêt avec ce genre d’évènement, c’est qu’il limite automatiquement le taux de “touristes” dans la salle : à l’exception de quelques revendeurs décidément bien informés (d’ailleurs si on militait pour le droit de les tabasser à coups de batte, ceux-là ?), la file qui s’étend sur plusieurs dizaines de mètres n’est composée que des fans les plus dévoués, donnant au trottoir du boulevard Rochechouart des airs de parvis de temple. Avec ses rites (Chino Moreno qui enroule autour de son poignet le fil de son micro avant de le présenter comme une relique), ses signes ostentatoires fièrement arborés (t-shirts plus ou moins rares et/ou anciens à l’effigie du groupe – quand ce n’est pas carrément un tatouage) et sa liturgie très codifiée, un concert n’est finalement pas si éloigné d’une messe. C’est un peu plus vrai encore quand on connaît la fervente dévotion qu’inspirent les Deftones à leurs fans. Et ces habitués des cathédrales prêchaient ce soir-là dans une chapelle remplie de fidèles en transe, headbangant en chœur au son de leurs psaumes métalliques.

Lorsque les premiers rangs sont assez proches pour venir vous lécher la sueur à même le front, impossible de tricher. Heureusement, Chino Moreno et ses camarades ne sont pas du genre à se ménager sur scène et, revigorés par cette véritable cure de jouvence, ils se donneront évidemment à fond. Ça commence par une set-list marathon de vingt et un titres qui survole l’ensemble de leur discographie, en s’attardant bien sur White Pony (cinq titres – six si on compte ‘Back to School‘) et Around the Fur (quatre) pour le plus grand plaisir des fans. Adrenaline n’a évidemment pas été oublié, contrairement à Saturday Night Wrist, victime isolée d’une grosse crise d’amnésie (pour le plus grand plaisir des fans également…). Et même s’il était aussi question de jouer les titres du nouvel album fraîchement sorti, on était très loin du plan “achète mon disque”. Respect.

Debout sur la barrière de sécurité, Chino Moreno passera les trois quarts du concert agrippé aux mains que lui tendaient les premiers rangs, à s’égosiller de la première à la cent-vingtième minute comme s’il n’y avait que ça qui maintenait en vie son bassiste dans le coma depuis 2008 (“Nous aussi, il nous manque”, répond-il lorsque la foule se met à scander “Chi Cheng !”). Lorsqu’ils ont soif, il prend le temps de leur jeter toutes les bouteilles d’eau qui traînent sur la scène (quand il ne leur crache pas lui-même pour les rafraîchir un peu). Enfin, avant de tirer leur révérence sur un dantesque ‘7 Words‘, Chino prendra même le temps de remercier les fans “qui se sont cassé le cul pour choper des places pour ce concert, je sais que ce n’était pas facile”. D’ailleurs, ça me fait penser : où c’est que j’ai foutu ma batte, moi ?




Catégorie : Concerts
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4 réactions »

  • ElsaDelacroix :

    RT @le_transistor: [Article] Deftones à la Boule Noire – http://www.letransistor.com/874-concerts

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