Jonathan Wilson – Gentle Spirit

Chapeau vissé sur la tête et guitare sur l’épaule, ainsi nous apparaît Jonathan Wilson. Ce baroudeur échappé du désert ne vient pas les mains vides. Dans ses bagages, un album d’une profondeur et d’une intensité rare : une invitation au voyage … direction la West Coast américaine des années 70 avec Gentle Spirit.

Le décor est planté, ne manque plus qu’à présenter notre homme. Originaire du fin fond de la Caroline du Nord, Jonathan Wilson n’en est pas à ses premières armes musicales. Songwriter, producteur de Joshua Tillman (Fleet Foxes) et Bonnie “Prince” Billy mais aussi musicien pour le compte d’artistes comme Vetiver, Elvis Costello, Graham Nash, Wilco … bref un tableau de chasse bien fourni auquel vient s’ajouter ce premier véritable album solo sagement intitulé Gentle Spirit.

Jonathan Wilson - Gentle Spirit

Jonathan Wilson - Gentle Spirit

Enregistré dans son propre studio au cœur du mythique quartier de Laurel Canyon, terrain de jeu sonore des plus grands à la fin des sixties, l’album sonne comme un hommage à cette folle période. Pour l’occasion, le songwriter a invité quelques amis à savoir le chanteur de The Black Crowes, Chris Robinson et Andy Cabic, leader de Vetiver. Mais c’est sans compter le talent et le génie de Wilson, lui-même guitariste d’exception.

On entre dans cet album dans les règles de l’art. Surtout ne pas se précipiter et prendre le temps de se laisser emporter par chacune des treize chansons. ‘Gentle Spirit’, première piste, peut servir d’exemple : une fois l’introduction troublante passée, ne reste plus qu’à savourer la douceur d’une mélodie toute en retenue et la parfaite alliance entre instruments et voix. Et quelle voix ! On y retrouve des nuances empruntées aussi bien du côté de chez David Gilmour que de celui d’Elliott Smith qui nous revient à l’écoute de ‘Can We Really Party Today’, second morceau résolument folk.

L’album a aussi son lot de singles dont ‘Desert Raven’ qui s’impose avec une ligne de guitare légère et efficace. Les influences sont partout. Ici un zeste d’America, du Neil Young et le reste de la bande Crosby, Stills & Nash sur ‘Canyon In The Rain’ ou encore le toucher et l’ambiance d’un bon vieux Simon & Garfunkel avec ‘Ballad of the Pines’ et ‘Rolling Universe’. On frôle le psychédélisme parfois (‘Woe Is Me’), le blues souvent, et toujours la même perfection des mélodies.

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L’émotion semble être le mot d’ordre à l’image du titre peut-être un poil trop mélancolique ‘Waters Down’. Enfin, une surprenante reprise se glisse au milieu du disque : ‘The Way I Feel’, titre de 1967 écrit par le Canadien Gordon Lightfoot, ici revisité à grand renfort de synthés. Et c’est sur un morceau de plus de 10 minutes, ‘Valley of The Silver Moon’, bien représentatif du talent et du potentiel de notre shaman musical, que prend fin l’aventure.

Avec Gentle Spirit, Jonathan Wilson fait revivre Laurel Canyon. Un album hors du temps, ingénieux et authentique – qui pourtant peut se révéler difficile à aborder avec des chansons dépassant les six minutes et quelques longueurs. Mais il ne faut pas se laisser perturber par ce détail au risque de passer à côté d’un (futur) classique.

Réclame

Gentle Spirit, le premier album solo de Jonathan Wilson, est disponible chez Bella Union et distribué chez Cooperative Music.

Jonathan Wilson sera en concert le 17 novembre au Point Ephémère.


Remerciements : Michele Marcolungo

Catégorie : Albums
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