Moby – Destroyer

Est-il encore nécessaire de présenter Moby ?
Depuis vingt ans, le végétalien chauve enchante les mordus d’electro, malgré de nombreux changements de style. Ambient, pop, rock, dance, gospel, Moby est un véritable touche-à-tout, boulimique musicovore qui émeut avec ‘Pale Horses’ d’une main et fait bouger la foule avec ‘Lift Me Up’ d’une autre.

Cette année, Moby revient avec un projet plus électro que Wait For Me, et avance encore et toujours vers les heures les plus retirées de la nuit. Destroyed.

Ce n’est probablement pas avec ce nouvel opus que Moby renouera avec le succès immense de Play. Le New-yorkais n’est plus vraiment mainstream – d’ailleurs, il n’a jamais cherché à l’être. Moby ne s’écoute plus dans des clubs bondés. Il s’est tourné vers des horaires plus solitaires – toujours nocturnes, mais bien plus intimistes.

The Broken Places’ est une introduction parfaite, une traversée en
douceur : ses sonorités rondes et enveloppantes font passer de l’autre
côté du miroir, où un nouveau monde, plus sombre, nous attend.

La baisse des BPM n’a pas aseptisé le chrétien tatoué. Destroyed n’est pas qu’un titre ni une posture mais une forme de réalité. Moby n’a pas son pareil pour mettre en musique ces sentiments violents, agitant dans une même éprouvette apaisement et auto-destruction, amour de l’autre et haine de soi.

Be The One’, hanté par des guitares électriques dévastées.
Une expérience de la folie, tellement multiple et intense
qu’elle donne envie de se rouler en boule.
Et de ne plus bouger que pour hurler.

C’est pour cela que Destroyed et ses 15 titres sont taillés pour la nuit. Non pas parce qu’ils vous feront danser jusqu’à en saigner des pieds, mais parce qu’ils exaltent les états d’âme, font ressortir les tourments pour les exposer au Soleil nocturne qu’est la Lune. Une catharsis d’une heure, poing serré autour d’un cœur déchiré.

After’, la colère. Parmi les titres les plus up-tempo de Destroyed,
‘After’ est le gène combatif,
celui qui fait se relever même dans la douleur.

Réduire les morceaux de Destroyed à des chansons tristes serait une grave erreur. Tous ont plusieurs facettes, à l’image des différentes strates musicales qui les composent. Il ne s’agit pas pour Moby de créer le chagrin mais de le mettre à nu, de le forcer à se dévoiler et à sortir. Pour que l’auditeur puisse enfin l’appréhender. Pour qu’en reposant son casque il se trouve soulagé.

Annoncé par ‘The Violent Bear It Away’,
‘Lacrimae’ est une fresque salvatrice de huit minutes.
Ce morceau est un voyage à lui tout seul, condensé émotionnel de Destroyed.
Certainement le titre le plus marquant de cet album.

On n’écouterait pas Destroyed tout le temps. Et s’il peut anesthésier en journée, dans le métro ou ailleurs, c’est dans le brouillard de la nuit qu’il révèle ses saveurs. On ne choisit pas d’écouter le dernier Moby : c’est lui qui nous choisit.

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Réclame

Destroyed sort le 16 mai chez Little Idiot Records, Because Music en France.
L’album est vendu avec un book de 128 pages composé de photos de voyages et de tournées.




Catégorie : Concerts
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