Moriarty au Trianon

Toujours sur les routes, Moriarty est de retour et vient de poser ses bagages au Trianon pour une semaine. Et personne ne les a oubliés durant leur périple puisque les six soirs affichent complets ! Tout le monde se rue pour découvrir The Missing Room, leur très attendu deuxième album.

Moriarty


Leurs vêtements sont encore poussiéreux de leur voyage, toujours cet air un peu vagabond, de ceux qui ont traîné leurs savates aux quatre coins du monde. Patientant pour dégainer l’harmonica, son arme favorite, Tom l’accorde encore, comme s’il affûtait un fusil, pendant que les guitares se perdent dans les limbes du blues. Arthur, quant à lui, s’électrise encore sur ses solos, et Zim écoute passionnément sa contrebasse vibrer pendant que Charles jongle avec ses tambourins, l’air hagard, cherchant au loin la terre promise.

Mais tous s’inclinent quand Rosemary chante. Le rouge à lèvre rouge défiant, elle mène la troupe de sa voix, telle une reine mère. Elle a le visage dur, de celles qui ont vu la misère humaine. Elle tente pourtant, avec un seau en étain pour tout siège de raconter l’inénarrable. Puis elle disparaît, laissant le champs libre aux musiciens qui montent en pression, frôlant les tonalités majeures. Ce n’est que pour réapparaître en robe accordée à son rouge à lèvre.

Rassemblés derrière un micro, comme pour se tenir chaud par l’hiver, ils entonnent ‘Alice and Lewis‘, chanson née lors des fameuses Fitzcarraldo Sessions, avec le groupe Jack The Ripper. Soon Will Come Too Soon… Les doigts se délient, et ils peuvent enchaîner sur ‘Isabella‘, leur single qui ravit les radios. Ils commencent enfin à se laisser aller, à sortir de leur rôle, à vivre un peu, à danser, à laisser leurs corps s’exprimer.
C’est dans cette disposition, en acoustique, qu’on ressent le mieux le groupe, dans le dénuement. Là où beaucoup de groupe recherchent un univers, leur musique est tellement imagée, qu’ils n’ont pas besoin de mise en scène. Mais l’instant magique sera de trop courte durée, la robe rouge est rapidement remisée au placard, et on reprend le théâtre brechtien accompagné de violons… Et on retourne au sein de cette douce torpeur dans laquelle la chaleur de la salle nous a plongés.

Réclame

The Missing Room est disponible chez Believe Digital
lire l’interview de Moriarty


Remerciements : Jérémy Spellanzon

Catégorie : A la une, Concerts
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4 réactions »

  • zikomagnes :

    RT @le_transistor [Article] Moriarty au Trianon – http://www.letransistor.com/5226-concert… // photos de @CelineLiliFaye MERCI !!

  • Moriarty est | Heavyhandent :

    […] Moriarty au Trianon | Le Transistor You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed. « Sumerset cards […]

  • Azo :

    Rosemary?? un visage qui a vu la misère humaine??
    Bon il y a des moments où il faut un peu arrêter d’écrire des sottises.
    j’aimerai bien savoir de quelle misère humaine vous parlez, on est quand même
    pas chez Médecins du Monde.

  • agnes (author) :

    j’ai jamais dit qu’elle l’avait vue… j’ai dit qu’elle avait le visage de ceux qui ont vu la misère humaine… pas de violence, c’est les vacances ! 🙂

Et toi t'en penses quoi ?

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