Entretien avec Cathedrale

Les Toulousains de Cathedrale viennent de sortir leur troisième album. Le fameux, celui qui permet d’élargir les horizons. Et en effet, après une intro ambitieuse, leur single ‘The Bet‘ est bel et bien accrocheur comme il se doit. La suite de Houses are Built Are The Same correspond plus à leurs ADN indé, rugueux par moments, mais surtout prenant. Le Transistor a interviewé le groupe pour comprendre leur démarche, et leur voyage à Londres, aux origines de ce nouvel album.

Cathedrale

L’interview s’est faite via zoom pendant le confinement. Seul Maxime était absent.
Jules : Bisous à Maxime qui est sur les chantiers, sur les toits, en train de bosser. C’est pas évident je pense pour lui.
Robin : Je l’ai vu, il est passé chercher des disques, et en vrai il kiffe.
Félix : Il a pas de bouchons le matin apparemment !

Les Toulousains viennent de sortir un clip, ‘Open Your Eyes’ qui fait étrangement écho à la situation de confinement.
Jules : A la base, le morceau était un peu long pour faire un clip. Mais on voulait vraiment le faire parce que c’est peut-être mon préféré de l’album.
Félix : C’est marrant parce que le clip a été filmé deux semaines environ avant le confinement… Donc en fait c’est un malheureux hasard.
Robin : Après deux clips en animation réalisés par Alison Flora on voulait changer un peu. Et pour ‘The Bet’ c’est Félix qui a tout fait, mais avec Alison qui filait un coup de main.
Jules : Le thème du clip c’était des photos mouvantes, et on voulait des endroits assez vides, donc. Donc ça marche assez bien.
Félix : C’est filmé à Toulouse, mais alors où ? je reconnais rien !
Robin : Il y a des endroits vers la cartoucherie, et d’autres vers chez Maxime. Et si vous voulez tout savoir, le détail croustillant, à un moment on voit un mec sur une photo, c’est le père de Maxime, notre batteur. C’est rigolo !

Si les clips sont made in France, le nouvel album a été enregistré et mixé à Londres.
Jules : Pourquoi Londres ? C’est plus je crois par rapport au gars qui l’a enregistré que la ville. C’est Syd Kemp, le bassiste de Ulrika Spacek, qui était aussi à la base dans Julien Gasc. J’aimais beaucoup sa manière de bosser, d’enregistrer.
Robin : Bon, après Londres, c’était aussi une bonne excuse pour y aller, même si on a pas trop visité au final. On est resté là bas six jours, c’était confortable, avec quatre jours de prises, et deux jours de mix.
Félix : On avait fait des pré-prod avec Jules, du coup tout était préparé : on avait enregistré ça sur mon ordi. Tout était bien prêt, parce que sinon, je pense que ça nous aurait pris beaucoup plus de temps, notamment sur les arrangements ! C’était quand même court, six jours. Robin il dit que c’est confortable, mais…
Jules : un peu costaud, oui, je pense que 2-3 jours de plus ça aurait été pas mal.
Félix : Mais aucun regret !
Jules : Après je pense que si on avait eu plus de jours, peut-être qu’on aurait plus pris le temps de rien faire
Félix : C’est possible ! (rires)

Le travail avec le producteur de The Horrors – entre autres – a été relativement simple et direct.
Félix : Il nous a calmés sur certains arrangements, il nous a un peu aidé avec son avis extérieur. Parce que nous on avait le nez dedans.
Jules : Il avait de bons conseils, qu’il partageait quand il fallait. C’était pas le genre de producteur, qui va te rajouter 12 000 violons, et te dire d’enlever tel ou tel refrain. Il n’a touché à aucune structure de morceau.
Félix : C’était plutôt des conseils sur des doubles voix en harmonie, à nous dire que ça servait à rien ce genre de trucs.
Jules : Bon, je l’ai essayé, mais c’est vrai que ça sonnait dégueulasse. A la base, on les avait faits, en pré-prod, c’est pour ça que je l’ai tenté… mais je crois qu’on savait plus ou moins qu’on allait pas le faire.
Félix : Il y avait plein de petits détails. Après il nous a beaucoup aidés aussi pour trouver des particularités de son, vu qu’il connaissait bien son matos.
Jules : En gros on est juste arrivés avec nos guitares et nos pédales, on a joué sur ses amplis, ses claviers, ses micros. Personnellement je m’y connais pas trop en matos, donc il nous a bien aiguillé là-dessus aussi.

Cathedrale cherchait à changer de son pour son troisième album, Houses Are Built The Same.
Jules : On avait enregistré les deux premiers albums avec Lo Spider à Toulouse, on avait envie de changer juste pour voir autre chose.
Félix : On cherchait plus un son plus compressé, plus massif dans les basses et batteries déjà… Par rapport aux précédents albums, quoi. Mais en fait on cherchait pas un son particulier. On y est allés comme ça, parce qu’on aimait ce qu’il faisait. On n’avait aucune idée précise.
Jules : Après c’est sûr que son CV est cool, mais après je trouve ça bizarre de partir en studio en sachant exactement quel son on veut. C’est quand même un peu plus intéressant d’arriver dans un endroit et de se laisser des possibilités. C’est comme ça qu’on a pu découvrir des sons, auxquels on aurait jamais pu penser à l’avance.
Félix : On savait juste qu’on voulait sonner un peu moins lo-fi. Après on voulait aussi ne pas sonner trop produit, trop lisse, trop rond.
Robin : qu’il y ait du grain quoi.
Jules : Il y avait aussi la petite mise en danger de sortir de ce qu’on faisait d’habitude… Clairement c’est allé plus loin, autre part.
Félix : C’est clair parce que Lo Spider, il habite à deux pâtés de maisons de chez nous donc la mise en danger c’était aussi de bosser avec un mec qu’on connaît pas.

Les comparaisons britanniques vont bon train pour qualifier Cathedrale, même si les Toulousains sont plutôt tournés vers un certain groupe américain…
Jules : Oui, vu qu’on a enregistré à Londres, et qu’on a un son anglais, on a envie de nous comparer à des groupes de punk de là-bas, comme Shame ou Fontaines DC. Après vaut mieux être comparé à des groupes qui marchent bien, non ?
Félix : Mais ceux qui nous ont influencés, comme énormément de groupes, c’est les Parquet Courts.
Jules : On a bien bien tué tous les albums ! Félix peut te citer les jours de sortie de chaque morceau (rires)
Félix : Sinon, on aime bien aussi la rythmique de Protomartyr
Jules : Dans la compo, la structure des morceaux, aussi, ils nous ont bien influencés aussi.

En bons fans de musique, les membres de Cathedrale s’occupent aussi d’un festival.
Jules : Oui, le festival Discipline. Cette année, du coup c’est compliqué mais peut-être l’année
prochaine on va le refaire. On avait eu Cate Lebon, Frustration, Marble Arch…
Félix : C’est un festival indé, même si c’est large en soi.
Jules : Avec Robin en chef catering.
Robin : C’est mieux pour moi parce que je travaille la journée, et le soir je profite des concerts.
Jules : Il a gagné… sauf quand on veut du rab !
Robin : Oui et puis, faut se lever le matin !

Réclame

Houses are Built The Same, le troisième album de Cathedrale, est sorti chez Howlin Banana Records / Rockerill Records


Remerciements : Marion Seury

Catégorie : A la une, Entretiens
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