DakhaBrakha au Café de la Danse

Un groupe ukrainien qui se produit dans une salle parisienne, et de surcroît sold out, ce n’est pas banal. Le quatuor a tout d’abord bien bourlingué dans son pays pour ensuite parcourir la planète pendant une dizaine d’années. Et entre tradition musicale et ouverture au monde, Dakhabrakha (qui signifie « donner/prendre ») entend bien nous faire voyager, à base de chants polyphoniques, percussions diverses, accordéon, et à grands coups d’archet.

DakhaBrakha

Devant le joli mur de pierre et les lights tamisées du Café de la Danse, les quatre musiciens se placent derrière leurs instruments respectifs: violoncelle customisé pour Nina, djembé et flûte pour Iryna, batterie pour Olena, djembé et accordéon pour Marco. Ils sont vêtus de costumes traditionnels avec chapeaux et robes incroyables; ça claque. Même le violoncelle est customisé.

C’est parti pour une transe mêlant d’anciens titres comme le tournoyant ‘Vesna‘, composé de bruits d’animaux de la forêt sur fond de rythmique accrocheuse : totalement tripant. Même si le groupe n’a pas sorti de véritable album depuis trois ans, il balance quelques extraits de leur « amazing futur album », selon Marco, comme le titre qu’on suppose s’appeler ‘Wembayaya‘ (mais on n’a peut-être pas tout saisi) composé de deux parties aux rythmiques complètement différentes ponctuées par une espèce de lead guitar à la voix : ensorcelant.

Après un entracte plutôt impromptu, on reprend au son de la guimbarde et d’un chant masculin guttural. Puis une des musiciennes introduit en français le prochain titre par « Cette chanson vient des montagnes des Carpates; c’est l’histoire d’une fille qui cherche un mari, et personne ne lui convient… » Elle rigole, mais en fait le sujet est plus complexe que ça, entre difficultés d’être femme en Ukraine, et violences conjugales… Le plus fou c’est que le titre commence par une polyphonie féminine et se meut rapidement en rap ! L’audience en profite pour s’agiter et hurler! Ce ‘Rap des Carpates‘, c’est son nom, est suivi par un titre au flow tout aussi vindicatif, puis d’un a capella. On passe même par des séquences de djembé complètement déglinguées.

Bref, on en a vu de toutes les couleurs, entendu du jazz, du chant traditionnel, des solos de violoncelle, de bonnes blagues entre certains morceaux, et même eu droit à deux rappels, tant le public en redemandait…
Mais sous des aspects folkloriques, DakhaBrakha sous-tend une action plus politique, et apporte sa pierre à l’édifice pour montrer que l’Ukraine a sa propre culture, donc bien souvent indépendamment de la Russie. D’ailleurs, les derniers mots de Marco sont « Peace and Love, no war, stop Poutine »…

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Remerciements : Matthieu Blestel

Catégorie : A la une, Concerts
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