Entretien avec Le Villejuif Underground

Tout le monde attend Le Villejuif Underground ! Trois ans que leur premier album est paru, et que la confirmation se faisait désirer. Résultat – sous le nom de When Will the Flies in Deauville Drop? -, le doute n’est plus permis, Nathan et ses potes forment bel est bien le groupe le plus cool du rock. C’est à Rock en Seine que Le Transistor a réussi à se poser avec le groupe, pour parler de tout et de rien, de rien surtout. Et pour analyser collectivement leur dernier album.

Petit interlude, Thomas ne résiste pas à l’envie de nous lire “en direct live” un commentaire facebook qu’ils viennent de recevoir. “Big Up à Frederig qui nous dit : “Les Villejuif Underground, sachez que de nombreux Villejuifoises et Villejuifois vous aiment. Merci à tout le groupe, merci pour tous vos albums, merci pour tout votre amour.” Et il y a pas mal de coeurs. Villejuif dans le coeur, for ever, même si on y habite plus.”

Le Villejuif Underground

Pour certains, Le Villejuif Underground représente le salut du rock français.
Adam : Ah ouais carrément, on veut bien sauver le rock français, avec plaisir !
Thomas : Avec un Australien et un couteau.
Adam : T’as pas regardé l’interview de DJ Snake qui dit que Paris, la France, c’est un melting pot ! Nathan, maintenant il est un peu français !
Nathan : Oui, je suis à moitié français… Mais c’était vivant le rock français ?
Adam et Thomas : Naaan…
Adam : L’histoire, c’est que c’est pas vraiment une musique française le rock…
Thomas : En vrai il n’y a pas grand chose à sauver !
Antonio : J’aimerais faire de la musique française en fait…
Nathan : C’est pas mauvais, il y a des trucs incroyables ! Magma, Jacques Dutronc, il y a plein de choses ! Sauf que je sais pas si c’est du rock…
Thomas : Gainsbourg, c’est pas vraiment rock en fait. C’est peut-être rock dans l’esprit mais c’est pas du tout du rock.
Adam : Sinon il y a Daft Punk, il y a PNL maintenant, c’est quand même un peu rock en vrai !
Thomas : Non mais c’est de la bonne musique française.
Antonio : Et nous on aimerait bien faire sonner aussi le français un de ces quatre ! Il a quand même un beau timbre français, notre ami australien.
Thomas : Un très bel organe !
Adam : C’est la francophonie quoi.
Thomas : C’est France-Ô !

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Lors de leur dernier passage à Rock en Seine, il y a deux ans, Le Villejuif Underground annonçait un nouvel album pour début 2018.
Thomas : C’était long mais c’est parce qu’on savait pas faire.
Adam : On avait fait un album assez rapidement, et le EP en une semaine… Et là on avait un peu envie de faire une musique différente, du coup on s’est perdus dans des chemins foireux !
Thomas : C’est sûr aussi que l’inondation de la maison, ça a décalé de 4 mois.
Nathan : On était en tournée, c’est à cause de ça en fait.
Adam : C’est vrai qu’on a fait beaucoup de tournées…
Thomas : Et en vrai, on a fait pas mal de recherches, même si ça se sent pas directement.
Nathan : Franchement, c’est la dernière chose que tu as envie de faire après une tournée
Adam : Pourtant le EP on l’avait fait après une tournée et c’était bien.
Thomas : Oui mais c’est c’était court, en quatre jours.
Nathan : C’était intense un peu.
Thomas : On va dire le EP c’était la chance du débutant. Non, mais c’est vrai ! Et après t’essayes de faire autre chose, ou en tous cas, pas la même chose !
Adam : Oui t’essayes de transformer l’essai. Et en fait c’est foireux, mais bon, c’est normal.

Le Villejuif Underground n’a pas l’air totalement satisfait du résultat sur When will the flies in Deauville drop?
Adam : Est-ce qu’on est jamais satisfaits ?
Thomas : On n’est en effet pas totalement contents du résultat, non. Mais je suis pas du tout frustré de quoi que ce soit. J’ai juste envie d’en faire un autre du coup.
Nathan : Mais cette fois-ci, on se pose un mois, genre à la campagne.
Adam : Chacun ramène ses démos, ses compos, et là on enregistre. Tu te fais pas chier à structurer un truc à quatre. C’est genre de la démocratie inversée.
Thomas : Oui donc du fascisme ! Mais collaboratif.
Nathan : Collaboration !
Adam : Attention à ce mot-là en français !
Thomas : C’était un genre qui cartonnait dans les années 40 ! (rires)
Adam : La collab à Villejuif, ça risque de marcher, non ?

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Pour ce nouvel album, la légende dit que trois chansons ont été écrites sur un an et demi, et les dernières… en une semaine.
Thomas : Partiellement vrai.
Adam : Ou alors c’est l’inverse qui s’est passé… Je sais plus.
Antonio : Je pense que c’est surtout les mix qu’on a torchés.
Adam : Ah ouais c’est ça.
Antonio : Et la réalisation de l’album en général, genre les liens entre les morceaux. Je suis peut-être en train d’exposer trop les ficelles…
Adam : Non c’est bien, c’est bien, il faut.
Antonio : Je pense que c’est une question de vision d’ensemble de l’album. Il faut qu’on tende un fil rouge et que ça tienne l’oreille.
Adam : Mais même au niveau de la composition en vrai.
Antonio : Je dirais que le mix est pas cohérent. Même au niveau des arrangements… C’est des petits trucs, des détails, qui font que tout s’emboite parfaitement. C’est ce qui manque, j’ai l’impression.
Adam : Je pense qu’on peut faire genre dix mille fois mieux !
Antonio : Je dis pas que c’est pas bien ce qu’on a fait; mais je pense qu’à ce niveau-là, on s’est pas dépassés de ouf.
Thomas : Ça manque de concept un peu?
Les quatre membres du groupe sont d’accord sur ce point.
Antonio : C’est plus qu’il nous faut une histoire d’histoire à raconter.
Adam : Vas-y raconte-moi !
Antonio : Non, mais raconter ce qu’on est, tu vois ? On s’est pas rencontrés parce que genre je suis un super bon claviériste, donc Nathan avait pensé à moi et il a contacté tel studio dans lequel je bossais… Il faut parler de toutes les raisons pour lesquelles on s’est retrouvés ensembles.
Thomas : Tu parles d’authenticité et d’intégrité, c’est ça ?
Antonio : Non rien à voir. Je dis juste que moi en tous cas je me considère pas comme un zicos, arrivé dans un groupe de musique. Je suis plus un pote, qui fait de la musique avec des potes,
Adam : Et du coup tu veux faire quoi en fait, j’ai pas capté. Ça m’intéresse de ouf !
Antonio : Bah il faudrait rendre le message artistiquement intéressant.
Adam : Tu veux dépasser le côté potes qui font la teuf ensemble ?
Antonio : Non, pas le dépasser, mais vraiment le mettre en avant. Voilà
Thomas : Mais en vrai ça se ressent déjà pas mal ! Par le manque de travail justement. Et le manque de fil rouge ! C’est aussi ça qui fait qu’on le ressent. Des gars qui se sont pas posé la question du fil rouge, parce qu’ils étaient juste entre potos à faire de la merde.
Adam : Non mais c’est vrai qu’on a envie de le faire ce travail d’orfèvre parce qu’il est agréable à faire. C’est vrai que là, on ferait bien autre chose qu’une bonne blague entre potes.

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L’interview suivante, c’est une télé, il faut désigner deux volontaires.
Thomas : Bah non, on va y aller à quatre
Nathan : Quatre ou rien !
Adam : Quatre ou rien ma gueule, désolés !

Et c’est ça qui fait le charme du Villejuif Underground : pas de calcul, à l’arrache et surtout sans compromis.

Réclame

When will the flies in Deauville drop?, le deuxième album du Villejuif Underground, est paru chez Born Bad Recods.
Le Villejuif Underground sera en concert le 11 janvier à la Maroquinerie. Voir les prochains concerts du Villejuif Underground


Remerciements : Clarisse Vallée

Catégorie : A la une, Entretiens
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