Entretien avec Charles Howl

Charles Howl c’est le projet de Danny Neillis, que Le Transistor avait déjà rencontré au sein de The Proper Ornaments. Depuis, Danny a décidé de se focaliser sur son projet solo, et sort son deuxième album, My Idol Family, sur un air pop plus assumé. C’est par une belle après-midi que nous avons discuté d’Amsterdam, de LCD Soundsystem et du Velvet Underground au Comets, café-disquaire dans le XIe.

Charles Howl

Danny Neillis, alias Charles Howl, s’est mis à la guitare sur le tard. “Petit, je voulais apprendre le saxo, mais comme j’étais très jeune, ils m’ont fait commencer par la clarinette. Je détestait ça ! J’ai appris la panthère rose, et j’ai arrêté. Le saxophone c’est bien plus cool. (rires) “

Ce nouvel album My Idol Family est beaucoup plus pop que ses premières compositions. “C’est toujours comme ça, le premier EP sonne un peu garage, parce que tu commences. Mes débuts, c’était avec les groupes de punk garage de mes potes, les Sex Beet, je ne jouais pas de guitare à l’époque : ils étaient un peu plus jeunes que moi, et j’avais le permis, donc ils m’ont proposé de les conduire sur la tournée française. Quand je suis rentré, je me suis payé une guitare et je m’y suis mis !” Pour Charles Howl, la période psychédélique est un passage obligé pur tout groupe. “Les premières années, où on essaie d’être bruyant, à crier. Puis on bouge vers quelque chose d’un peu plus intelligent. Et on pose de la reverb sur absolument tout, parce qu’on est pas encore sûr de soi. Moi j’assumais pas le côté pop. Et cette fois, j’ai essayé que la prod soit propre, pour ne plus me cacher.”

Pour My Idol Family, Charles Howl a réellement essayé d’écrire des chansons pop. “C’est aussi dû aux Proper Ornaments, ils sont très bons pour écrire de la pop, avec les structures stéréotypées, et je crois qu’inconsciemment, à jouer avec un groupe pendant des années, les côtoyer en studio, voir comment ils travaillent… ils sont tellement précis ! Qu’on l’admette ou non, Bobby et moi on a retiré beaucoup de cette expérience.” C’est lors de balances avec The Proper Ornaments que lui ait venu la mélodie de ‘The Dinner Party’. “J’étais en train de faire l’imbécile sur ma basse, parce que je m’ennuyais. Les autres faisaient leur truc, mais Bobby a adoré, et l’a enregistré sur son téléphone. Deux ans plus tard, à Amsterdam, d’un coup il s’en est souvenu. Donc il a cherché dans son téléphone, et on l’a retravaillé. Il y a eu quelques petits moments magiques comme celui-ci. Parce qu’en fait, on est partis sans aucun plan en tête.”

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Charles Howl est donc parti avec Bobby Voltaire, le batteur de The Proper Ornaments, à Amsterdam pour enregistrer l’album. “J’avais trouvé ce studio de reggae, juste à la périphérie, ce qui signifie vingt minutes à vélo du centre ville. Ca faisait une chouette balade le long du canal le matin. La semaine on travaillait dur et le week-end on faisait la fête avec des amis. Bon, au final, on a eu du mal à avoir un bon son de basse, parce que les amplis n’étaient faits que pour le son reggae. Mais c’était cool.” Danny Neillis a choisi cette destination par nostalgie. “J’avais 18 ans, j’étais censé y aller pour 3 jours… j’y suis resté plusieurs mois ! Cette ville a quelque chose de spécial. Je m’y sens très détendu, je crois qu’inconsciemment j’ai l’impression de m’enfuir à nouveau. Le prochain album, j’aimerais le faire à Londres, et essayer de ne pas m’enfuir. Mais il y a tellement de distractions, chaque soir.“

Danny Neillis s’était donné un mois pour réaliser cet album. “Je me souviens de LCD Soundsystem qui postaient des clips de 30 secondes de leurs journées d’enregistrement, dans un manoir, à boire du champagne. Et j’ai eu envie de faire la même mais mais en plus sobre. J’ai dit à Bobby, viens on lâche tout, et on se casse pour être juste des musiciens pendant un mois. C’était mon mois pour pouvoir être un musicien”. Le musicien voulait se prouver qu’il pouvait écrire. “Je sais pas si on pourra refaire ce coup. J’avais seulement des idées et des esquisses, mais rien de concret : tout juste des bouts de riff sur mon téléphone. Quand une chanson commençait à avoir une structure, et que la mélodie commençait à se dessiner, pendant que Bobby mixait, j’allais dans la chambre écrire les paroles. C’est vraiment comme ça que je voulais le faire.”

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Avec l’aide du violoniste Richie Jones, Charles Howl a pour la première fois osé les cordes. “Je voulais me pousser, comme un défi. Si j’avais une idée de cordes, j’allais vers le micro, et je commençais à chantonner. Donc il y avait toutes ces pistes, à mimer des cordes, pour indiquer comment elles devaient sonner. Quand on écoute les démo, on m’entend faire pom pom pom pom (rires). Les gens pensent d’abord que je suis fou, et finalement ils comprennent !” Et à aucun moment, le compositeur n’a eu peur de sonner ringard. “C’est juste que j’essaie pas d’être cool. Tout le monde veut être le Velvet Underground – c’est un super groupe mais… On s’habille en noir, on se prend au sérieux. J’ai quelques amis qui chercher à aller vers une composition plus honnête, où on a le droit de faire des balades comme dans les années 70. C’est très stressant d’être cool. Tout le monde se cherche une attitude, sauf que c’est la même pour tout le monde !”

Maintenant, Charles Howl a quitté The Proper Ornaments pour se consacrer à sa carrière solo. “J’ai participé au nouvel album qu’ils s’apprêtent à sortir, clairement le meilleur qu’ils aient jamais fait. Mais là, je commence un nouveau projet, avec une boite à rythme, à chanter avec une copine en harmonie pop sur toute la chanson. En fait, Bobby est parti cinq semaines pour jouer avec un autre groupe, et donc je me suis mis à coller des bouts de chansons ensemble, et pouf, ça ressemble à un nouveau projet. Donc avec Jenny, on a écrit ensemble des morceaux, l’album est bientôt fini.”

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Et Danny Neillis a déjà plein d’autres projets en réserve. “Je veux pouvoir tourner à seulement 4, sans batterie et se marrer. J’ai beaucoup tourné, avec des groupes signés, simplement parce que ça a toujours été ce que je voulais faire : avant même d’avoir un album, je tournais comme un fou. Et maintenant avec Charles Howl, je veux passer à l’étape suivante, faire de meilleurs choix, moins de concerts, mais être que c’est dans de bonnes conditions. Du coup, j’ai besoin de cet autre groupe, plus détendu, pour monter dans la caisse et aller hop !”

Réclame

My Idol Family, le deuxième album de Charles Howl, est paru chez Oh Many Records / Differ-Ant
Charles Howl sera en concert le 18 mai au Centre FGO-Barbara
Lire l’interview de The Proper Ornaments


Remerciements : Marion Seury [Differ-Ant]

Catégorie : A la une, Entretiens
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