Black Lips au Silencio

Les Black Lips sont de retour avec un huitième album, Satan’s graffiti or God’s art? Le single braillard ‘Can’t hold on‘ a déjà été balancé sur les réseaux et promet une nouvelle grosse dose de bordel garage et de mélodies toutefois poppy. A la production, on retrouve un certain Sean Lennon (bizarre, non?); et sur certains vocaux, une certaine Yoko Ono (family business, quoi…); sans compter la participation de Saul Adamczewski, ex Fat White Family. Les rockeux d’Atlanta étaient programmés au Arte Concert Festival, Le Transistor les a choppés au Silencio.

Black Lips

Le rideau de la théâtrale petite scène s’ouvre, et les Black Lips apparaissent paisiblement, dans une atmosphère cosy aux lumières tamisées, et face à un public assez sage. Les nouveautés physiques sautent aux yeux : Oakley Munson, nouveau batteur à l’incroyable coiffure moumoute digne des meilleures perruques de Phil Spector, puis Zumi Rosow actrice/modèle en charge avant tout du saxophone – et accessoirement petite amie du chanteur/guitariste Cole Alexander. Contre toute attente, les voir dans un nightclub classieux est finalement bien appétissant car assez décalé.

Le morceau ‘Sea of Blasphemy‘ sert d’ouverture, ‘Family Tree‘ lui succède, puis ‘Modern Art‘, ‘Dirty Hands‘, ‘Drive-By Buddy‘…, tous extraits d’anciens albums, et tous hyper jouissifs. Quel kiff d’avoir droit à cette compil dans un lieu tellement peu approprié : ça rend le concert à la fois déconcertant et presque drôle. Certes, leurs setlists se ressemblent toujours pas mal, et parmi la centaine de spectateurs privilégiés tassés sur le dancefloor, ce n’est pas l’émeute. C’était clair, on est loin des habituels concerts tendance capharnaüm où ça slame à tout va, ça montre son cul, ça jette du PQ…

Au centre de la scène, Jared Swiley arbore un look casquette cloutée en cuir et moustaches brigades du tigre, mais on remarque surtout Cole Alexander qui, comme d’hab, tente de cracher en l’air et de rattraper son glaviot dans sa bouche. Sauf que le plafond du Silencio est tellement bas que le crachat reste scotché tel un stalactite, alors que le chanteur l’attendait bouche bée. Fort heureusement, le deuxième essai sera le bon.

Pendant ce temps, Zumi patiente assise par terre sur le côté de la scène, car elle ne sort pas tout le temps son saxo (voire son tambourin). Mais quand elle en use, la patate des morceaux s’en trouve décuplée, et bien punkisée. Cette grande liane dégingandée est bien devenue la cinquième Black Lips et non plus simplement meuf-de. D’ailleurs elle colle nickel avec l’image du groupe, et le saxophone méritait bien d’être présent sur scène depuis l’album très cuivres de 2011, Arabia Mountain.

De nouveaux titres nous sont évidemment offerts, dont certains sur lesquels Yoko Ono a posé sa voix (dixit le pas peu fier Cole Alexander) : le quelque peu lymphatique ‘We Know‘, ou encore ‘Occidental Front‘… On retient surtout les énormes ‘Rebel Intuition‘, et ‘The Last Cul De Sac‘, ce dernier, déjà pour son nom, mais surtout pour son refrain beatlesien, ses choeurs et ses changements de rythmes. Mais l’inédit qu’on préfère est l’espèce de ballade un tantinet trash ‘Can’t Hold On‘. C’est pas pour rien qu’il sert de single. Evidemment la base reste la même: chanté en hurlant, et toujours assez faux.

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Même si l’ambiance n’était pas ouf (aucun slam, quoi!), l’essentiel était là : l’ambiance petit club glamour a permis un concert étonnant et sympa, les diverses nouveautés sont convaincantes, et le nouvel album devrait défoncer.


Remerciements : Erwan Jule

Catégorie : A la une, Concerts
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