Blonde Redhead au Trianon

L’année dernière, Blonde Redhead sortait Masculin-Féminin, maxi compilation comprenant leurs deux premiers albums, démos diverses et raretés anciennes. Et en ce début 2017 le trio new-yorkais défend un EP 4 titres, 3 O’clock. Pas de véritable nouvel opus donc, mais toutes sortes d’ambiances entre revival noisy de leurs débuts il y a vingt ans, et sonorités mélancolico-atmosphériques plus récentes. Le Transistor s’est rendu au Trianon avec l’espoir que ce concert mixe leurs deux facettes.

Blonde Redhead

A chaque fois, c’est la même chose : quand les Blonde Redhead entrent en scène, on se fait cueillir par le charisme et la classe des deux jumeaux à la guitare et à la batterie, et par le magnétisme de la frêle et mystérieuse Kazu, aux claviers, guitare et chant. Sombre, poétique, presque déchirant, leur univers tant marqué est fidèlement retranscrit dès les premières secondes, accentué par des lumières ultra tamisées. Celles-ci semblent d’ailleurs éviter le minois de Kazu, déjà masqué par le fouillis de sa longue et oscillante tignasse.

Le concert commence par quelques titres de leur première époque bruitiste, comme ‘Falling Man‘. Rapidement, le sublime et attendu ‘Elephant Woman‘ transporte l’audience dans une espèce de transe nostalgique, à la fois vibrante et éthérée. En trois morceaux, c’est déjà plié : on est scotchés. Les anciens titres marquants émaillent le set, comme le tourbillonnant ‘Dr Strangeluv‘. Les extraits du nouvel EP s’avèrent plus lents, voire un peu plus tièdes, mais ne nous font pas redescendre pour autant.

Les frangins italiens Pace semblent possédés : Amedeo est souvent crispé sur sa guitare, tandis que l’aérien Simone fait virevolter ses baguettes. Et quand parfois ils se regardent fixement pour relancer une partie, l’effet miroir est toujours surprenant. Kazu, elle, n’arrête pas de danser avec ses ondulations si particulières et inimitables.

Pour le rappel, Blonde Redhead ressort deux titres de leur disque emblématique, Misery is a Butterfly (2004), malheureusement, la somptueuse chanson éponyme ne fut pas de la fête : tant qu’à être en mode compilation, on aurait bien été achevés par cette tuerie. On le sera finalement par ‘23‘, paru en 2007, shoegaze à la My Bloody Valentine, à la fois sombre, hypnotisant, et étrangement positif. Ce soir, le set aura été plus éthéré et romantique que vraiment noisy, mais toujours porté par la même magie.

Après plusieurs minutes d’acclamations d’un Trianon en transe, le trio revient sur scène, et Kazu demande le silence pour nous compter l’anecdote du jour. Blonde Redhead n’a clairement jamais été un groupe désopilant, sauf peut-être ce soir : Kazu et son petit chien Colette sont inséparables, même en tournée. Mais ce matin/, devant prendre le train pour effectuer le trajet Londres-Paris, Colette fut refusée par les agents d’Eurostar. Et là, c’est le drame : Kazu explique que leur ingé-son retours a dû trouver en panique un billet d’avion d’une compagnie aérienne acceptant les animaux. D’où les inquiétudes du groupe parfois palpables quant à la qualité de leurs retours : ils ont dû faire sans leur ingé son habituel.

Tout le monde écoute l’histoire et se demande, haletant, où peut bien être l’ami fidèle ! C’est alors que Colette (sorte d’épagneul nain) déboule sur la scène, sous les spotlights, l’émotion du groupe et les hourras hilares des 1 00 spectateurs. On espère bientôt voir la troupe au Point-Virgule.


Remerciements : Elodie [HIM-Media]

Catégorie : A la une, Concerts
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