MaMA Event 2016 : vendredi avec Wall of Death, Christophe…

C’est la dernière ligne droite de ce Mama festival, et on va encore jongler entre les styles, entre nouveautés et talents confirmés. Dans cette programmation très dense, nos choix se sont portés sur les rêveurs luxembourgeois Napoleon Gold, le flegmatique Buvette, le crooner de nos mamans Christophe, les créatifs 3SomeSisters qui aiment à déjouer les codes, les énervés-psychés Wall of Death et notre nouveau coup de coeur Pogo Car Crash Control.

Pogo Car Crash Control

La Boule Noire n’est pas totalement remplie mais on a hâte que le live des Californiens Thee Oh Sees débute… ah mais non il s’agit du groupe Pogo Car Crash Control (P3C pour les initiés) qui viennent du 77. On a failli s’y méprendre, vu le physique et surtout look du chanteur. Remarque ça envoie aussi pas mal : un peu moins garage et psyché, mais plus pop-punk, lorgnant vers le hardcore. Entouré de deux frangins très agités à la guitare et batterie, et une nouvelle bassiste toute chétive, le leader passe par des phases chantées, hurlées, tout en discutant pas mal avec le public.

Dans les titres phare on retient l’entêtant ‘Je perds mon temps’ ou le peut-être plus introspectif ‘Je suis crétin’. Le morceau ‘Crève‘ est on ne peut plus charmant avec des paroles assez libératrices ! Envoyé vers la fin, il fait le bonheur des pogoteurs, et même le sage public pro du Mama s’est laissé aller. Effectivement, c’était fun, et on s’est pris une bonne grosse dose d’énergie rock’n roll.

Christophe


La lumière s’éteint et le mythe arrive sur la scène de La Cigale avec une démarche moyennement assurée. L’ambiance lumineuse hyper tamisée a été très étudiée et une lectrice assise sur un tabouret de bar récite un extrait du livre Venus Erotica. Ambiance… Christophe s’est entouré de musiciens hétéroclites : violoncelle, saxo, synthés analogiques, guitare… pour surprendre encore son monde.

Christophe avait déjà montré à plusieurs reprises qu’il savait sans cesse se renouveler. Il chante ce soir son dernier album Les Vestiges du chaos, sorti cette année. Les titres sont hyper atmosphériques, avec une légère touche sixties et des arrangements électro chiadés qui pourraient faire pâlir les meilleurs groupes versaillais, comme sur ‘Définitivement’ ou ‘Tangerine’ (originalement chanté avec Alan Vega, décédé cet été). Le show et sa mise en scène ont un côté désuet, mais on est tout de même happés par cette ambiance et par l’éternelle voix frissonnante et vaporeuse du septuagénaire.

Napoleon Gold

Poussés par la curiosité de visiter le Théâtre de l’Atalante, l’équipe du Transistor est passée voir Napoleon Gold, duo luxembourgeois qui donne dans l’electronica. Sur la petite scène, coincés entre synthés, guitares et pad, les deux musiciens se lancent dans un chant qui paraît bien futile. Puis la mélodie s’efface derrière la batterie et le rythme devient prenant. Tout en légèreté, Napoleon Gold nous emmène dans un voyage introspectif. Leurs morceaux demandent de l’attention, de la patience, mais quand ils prennent enfin forme, ils attrapent bien. C’est surtout parce qu’ils passent du temps à construire les boucles… alors qu’on attend impatiemment la batterie pour emporter le tout.

3SomeSisters

Le Divan du Monde s’est transformé en joyeux bordel où les voix (et les corps) s’entremêlent. Mi-hommes mi-femmes, avec accoutrements tendance secte, les 3SomeSisters convient ses disciples dans leurs danses frénétiques. Les musiciens sont au four et au moulin : ils s’acharnent sur tout ce qui leur passe sous la patte : synthés, toms ou pads, puis entament des pas de danses fous, pour bientôt se retrouvent à genoux comme pour quelques prières exaltées. Et ça fonctionne ! Le public semble électrisé, danse et chante au son de leurs rythmes à la fois tribaux et électros, et de leurs voix de têtes si particulières.

Lire l’interview des 3someSisters

Buvette

Après une Samba de la Muerte assez molle, les rumeurs poussaient à se rendre au Bus Palladium pour voir Buvette, un groupe suisse qui aurait choisi “le mot le plus laid de la langue française”. Le chanteur, Cédric Steuli, a effectivement une présence flegmatique assez fascinante, et sans réellement chanter, arrive à faire danser sur sa dub-pop. Mais seule sa bassiste, Clémence (qu’on a vu dans Moodoïd) est réellement stylée dans cette affaire. Certains s’excitent sur ces morceaux sans rythme… Et la surprise (finalement bienvenue) sur ce set, sera quand le leader sort un “ça se passe dans l’espace” bien assuré !
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Wall of Death

Après le départ de leur chanteur-guitariste au printemps dernier, les plus californiens des rockers psychés français devaient vite se reconstruire, pour rester sur la lancée de leur excellent deuxième album, Loveland. De leurs nombreux séjours à L.A, ils ont finalement ramené deux nouveaux membres : un guitariste et une chanteuse/bassiste. La nouvelle formation semble assez attendue au Backstage by the Mill, surtout par une nuée de photographes. Et effectivement, déjà visuellement, les nouveaux Wall of Death en jettent dans la pénombre de la petite scène : la bassiste au centre est à la fois sobre et complètement incarnée.

Musicalement, on est moins dans les guitares vintage ultra travaillées du passé, et les parties chant sont davantage redistribuées parmi les membres du groupe. Leur son perd ce côté solaire et parfois quasi religieux, mais une face rock’n roll un poil plus énervée émerge désormais. En tout cas, les Wall of Death ont montré qu’ils n’ont pas peur du changement, et se renouvellent dans une voie toujours aussi captivante.


Remerciements : Victoria Levisse

Catégorie : A la une, Reportages
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