Rock en Seine 2016 – vendredi

Il flotte comme un air de rentrée. C’est l’heure de prendre le chemin de Rock en Seine pour faire le plein de riffs, de pas de danse, de retrouvailles et de découvertes. Pour cette première journée de festival sous un soleil de plomb, on s’échauffe sur Bombino, on dodeline avec The Strumbellas, on tambourine avec The Brian Jonestown Massacre, on recharge les batteries avec Clutch et on ondule avec le duo infernal The Last Shadow Puppets.

Bombino

Pour démarrer le festival en couleurs, Bombino vient charmer la fosse de la Grande scène. Mis à part son histoire, marquée par les mouvements politiques au Niger, le guitariste touareg a été remarqué pour son talent par Dan Auerbach des Black Keys, avec qui il a réalisé son deuxième album, Nomad. Au printemps, il sortait Azel, son troisième album qui voit l’apparition de la chanteuse Mama “Mahassa” Walet Amoumine à ses côtés.

Sur scène, les tenues sont flashy, et les youyou de Mahassa sont une invitation à célébrer le soleil. Le rock, infusé par moments au reggae, donne irrésistiblement envie de danser ! Une belle entrée en matière !

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The Strumbellas

Ces Canadiens ont remporté chez eux le prix Juno, dans la catégorie musique roots traditionnelle pour leur deuxième album. Sur scène, leur « folk popgrass » est somme toute assez prévisible. A chaque pause du chanteur – qui joue pieds nus sûrement pour mieux ressentir les vibrations de notre mère nature – on devine toujours avec succès les rimes porteuses d’espoir et de courage. Comme des cousins de The Head and the Heart en quelques sortes, ce qui par ces fortes chaleurs permet une pause du cerveau en surchauffe.

The Strumbellas s’amusent du fait que le public est bien mieux sapé qu’eux. En effet, le groupe est assez dépareillé, avec la présence d’un mec assez âgé, qui pour sa part a opté pour un style plus hip-hop, mais tellement remonté pour mimer les paroles qu’on ne peut nier son appartenance au groupe. A la fin du set, ils annoncent une reprise de Marilyn Manson, bien entendu c’est une boutade : il s’agit de leur single ‘Spirits’ qui pour le coup ressemble à une imitation de Of Monsters and Men. Une de celles qui reviendra toute la journée en tête aux moments les plus inopportuns.

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The Brian Jonestown Massacre


Certains fans l’admettront eux-mêmes, un concert de The Brian Jonestown Massacre peut parfois tourner à la purge. Mais la bonne nouvelle c’est que Joel Gion est présent ! Il fait même de la GRS avec son tambourin, et tape des poses cambrées qui méritent l’unanimité du jury. De son côté, Anton Newcombe, avec sa barbe et sa tenue immaculée, ressemble à un chamane, surtout sur l’interminable ‘Geezers’, qui ne fait pas la meilleure introduction de set pour convaincre des curieux.

Quand on tourne depuis plus de 25 ans, on ne devrait plus avoir à convaincre, c’est sûrement ce que se dit le leader qui ne cesse de râler à propos ses retours. Un peu à la manière d’un papy grincheux à cause de la chaleur. Le set commence à décoller avec ‘Anemone’, mais alors qu’ils sont sept à se démener sur scène – dont quatre guitares – le rendu reste langoureux. Quelques bras tentent de se lever sur ‘The Devil May Care (Mum and Dad Don’t)’, mais la foule se disperse. Dommage The Brian Jonestown Massacre se réveille sur la dernière, ‘Yeah Yeah’.

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Lire l’interview d’Anton Newcombe

Clutch

Une petite peur prend les quelques métalleux désoeuvrés de cette édition, car l’introduction de Clutch est très funk ! Mais une fois sur scène, la batterie reprend ses droits par la force, on ne s’est pas trompé dans la grille de Rock en Seine, il s’agit bien du groupe de heavy metal du Maryland. De fait, leur stoner fait de lourdes guitares est très groovy. Mais le plus fort, c’est le côté prédicateur du chanteur, éloquent sur l’enivrante ‘Sucker for the Witch’.

Pas une seule seconde de répit pendant tout le set ! Le gros son n’empêche pas au rythme d’être léger et surtout varié : du punk au blues, on passe par toutes les influences du rock en un set très serré et musclé. La foule est assez sage, mais les slams ne tardent pas trop à fleurir. Difficile en effet, de rester de marbre face au charisme du chanteur – qui même une guitare autour du cou, fait sautiller son pied de micro de long en large de la scène. La folie prend la foule sur leur final, ‘Electric Worry’, qui fleure bon la Nouvelle Orléans ! Excellent !

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The Last Shadow Puppets

Depuis le début de l’année, The Last Shadow Puppets ont inondé la toile de clips tous plus originaux les uns que les autres pour annoncer la sortie de leur deuxième album Everything You’ve Come To Expect. Ce supergroupe, formé du leader des Arctic Monkeys et de celui de feu-The Rascals, est une véritable cour de récréation pour les deux amis. Pour ce tout dernier concert (de la tournée voire plus…), le duo a fait péter le quatuor à cordes, Miles Kane a sorti sa plus joli veste kimono mouchetée, et Alex Turner son pantalon le plus stretch.

Pendant tout le set, les deux compères jouent les crooners, enfin, surtout Alex Turner, bien conscient de son sex appeal, pendant que Miles Kane fait des entrechats à la guitare. Il faut dire qu’à sa manière sensuelle de chanter, les filles se sont très facilement félines… surtout quand il reprend Dutronc sur ‘Les Cactus’ (ou Cactous). Chaque pose est réfléchie, les regards face caméras sont francs et joueurs, avec montées et descentes des quelques marches pour rajouter au mélo-dramatique.

Pour le rappel, Alex Turner offre à ses fans son meilleur profil et tourne le dos au public pour présenter les musiciens. Puis pour sa reprise de David Bowie sur ‘Moonage Daydream’, il n’hésite pas à ramper langoureusement à quatre pattes en lançant des regards de boudoirs pendant que Miles Kane se fend franchement la poire. Après une bise aux musiciennes, ils repartent bras dessus bras dessous, l’air ravi de ce (tout) dernier concert !

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Lire l’interview de Miles Kane


Remerciements : Marion [Ephelide]

Catégorie : A la une, Reportages
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