The Besnard Lakes et Old Mountain Station au Batofar

Avec des teintes de Led Zeppelin, The Warlocks, My Bloody Valentine, et même de plus jeunes comme Beach House, The Besnard Lakes pourrait bien réconcilier les papas du rock et les hipsters. Mais en attendant le fin du règne de Tame Impala, les Canadiens jouent généralement dans des salles intimistes, comme le Batofar pour défendre leur cinquième album A Coliseum Complex Museum. En première partie c’était le groupe français Old Mountain Station qui s’apprête à sortir son deuxième album Shapes en juin.

Old Mountain Station

Folk-rock tantôt proche de la ballade, parfois plus offensif et saturé, looks normcore avec légère tendance chemises à carreaux : on se croirait en Amérique du Nord, sur les traces de groupes comme Grandaddy. Les refrains (en anglais) des Français sont toujours assez pop et positifs avec parfois certaines longues parties instrumentales. Le dernier titre ‘Shapes‘ nous a emportés dans sa lente montée saturée, finalement agrémentée de paroles murmurées, suaves et entêtantes. Malgré une tendance, à l’inertie sur scène, on s’est fait alpaguer par leurs chansons.

The Besnard Lakes

Les membres de The Besnard Lakes n’ont pas de roadies et effectuent leur installation eux-mêmes. Dans un Batofar penchant légèrement à tribord, ils entament leur set par ‘Like the Ocean, Like the Innocent‘, extrait de leur troisième album The Besnard Lakes Are the Roaring Night. Ce long titre à rebondissements est déjà scotchant, avec ses empilements de nappes de synthés, de riffs saturés, et des envolées planantes en voix de tête de Jace Lasek.

Même sans lumière sur lui, le leader en impose : colosse aux cheveux longs et bouclés volant devant son visage, avec look de cow-boy flower power et lunettes aérodynamiques. On distingue assez peu les musiciens dans cette ambiance tamisée, mais il se dégage une grande complicité. Les Canadiens ont beau proposer une musique teintée de psychédélisme et d’atmosphères envoûtantes, de riffs parfois bien lourds, ils ont l’air hyper heureux et sourient tout le temps, plaisantant même sur la bizarre inclinaison de la péniche.

Musicalement, The Besnard Lakes donne l’impression d’une espèce de happy shoegaze. Pourtant leur set reste toujours sérieux et intense, d’ailleurs on ne relâche jamais notre attention. Le tandem formé de Jace Lasek et Olga Goreas, son épouse et bassiste, fonctionne à merveille… Jusqu’à tenter un bisou impromptu durant une partie instru. Pour que le leader se concentre pleinement sur ses six à douze cordes et sa quinzaine de pédales d’effets, le groupe s’est adjoint les services d’une claviériste. Les empilements d’instruments, maintenant démultipliés, libèrent ainsi des envolées encore plus massives.

Autant la scène est sombre, autant les nouvelles chansons du groupe sont lumineuses. Le voyage est on-ne-peut-plus agréable : on a envie de les suivre autour des grands lacs perdus du Canada. Les titres du dernier album sont dans la lignée hypnotique des précédents : ‘Golden Lion‘ entraîne dans une espèce de lent groove psyché complètement tripant, au chant lancinant réhaussé au final d’une grosse guitare fuzz.

Le climax du voyage est atteint avec le superbe ‘Nightingale‘ conclu en solo de guitare Floyd-ien… et dans le public, ça secoue la tête les yeux fermés. Les premiers albums sont également évoqués, avec le doux ‘Disaster‘ et le surpuissant ‘Devastation‘, aux murs du sons de guitares mêlées de voix complètement psychées.

Réclame

A Coliseum Complex Museum, le cinquième album de The Besnard Lakes, est paru chez Jagjaguwar


Remerciements : Agnieszka [Secretly Canadian]

Catégorie : A la une, Concerts
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