Peter Kernel et Bison Bisou à Petit Bain

La péniche Petit Bain a programmé de jeunes loups fougueux aux côtés de bourlingueurs indés barrés. Ca promet ! On y retrouve ainsi le post-punk des lillois Bison Bisou en première partie des helvetico-canadiens Peter Kernel, plutôt branchés art-rock. Ces derniers fêtent à la fois leurs dix ans et un troisième album, Thrill Addict, sorti cette année. Les Lillois, eux, présentent leur dernier EP, le bien nommé Regine. Leitmotiv de la soirée: les poils et les bonnes blagues.

Bison Bisou


C’est un peu le désert dans la salle quand les Lillois entrent en scène, mais ça ne les empêche pas de commencer leur set sur les chapeaux de roue ! Le chanteur est très agité et se démène dans toutes les largeurs de la scène, en alternant les poses étrangement lascives et les blagues sur les dessous de bras des filles. D’ailleurs, il ne cessera de nous parler de poils… pas étonnant pour le leader moustachu d’un groupe de barbus !

Par contre, Bison Bisou montre un certain sérieux quand il s’agit d’envoyer du bois. Un titre comme ‘Malaise’ est hyper jouissif, surtout grâce à ses arpèges de guitare tournoyants montant progressivement vers un final apocalyptique. Hurlements plaintifs et breaks de batterie échevelés font parfois penser à un groupe de hardcore light. Au milieu du concert, on constate que Petit Bain s’est rempli, mais on avait rarement vu un public aussi stoïque. Quelques applaudissements polis laissent vite place à un silence de mort entre les titres. Bizarre, vu la patate et le créneau du groupe, ce live aurait bien mérité au moins un pogo et quelques slams. Tout le monde semble donc venu pour Peter Kernel. Dommage, car dans un petit club bourré de fans, ça aurait été fou.

Lire l’interview de Bison Bisou
Lire la chronique de leur concert au Inouïs du Printemps de Bourges

Peter Kernel


Le trio Peter Kernel est également à la cool. Après moult péripéties, leur line-up est stabilisé et tourne autour du fantasque Aris et de sa compagne Barbara. Malgré leurs chansons parfois sombres, Aris est un vrai bout-en-train qui n’arrête pas de plaisanter. En contraste, Barbara semble presque présente pour l’apaiser. Cela dit, le public blindant désormais Petit Bain est régulièrement hilare, surtout quand Aris, italophone, tente de plaisanter avec le public dans un français approximatif. Il se moque souvent de ses partenaires, comme lorsqu’il se plaint des problèmes de communication avec leur nouveau batteur allemand.

Musicalement, la basse de Barbara pose une base solide : très chaude et grave, enveloppante et très en avant, elle nous prend au tripes. On passe par des ambiances parfois post-rock, parfois noise, surtout quand Aris parvient à voir sa six-cordes en dépit des lumières tamisés. Ces quelques moments Godspeed-iens dissonants, hyper planants, sur fond de kick vitesse gabber, sont vraiment prenants. Des barbus costauds parmi la foule sont même en transe et ondulent les bras en l’air en fermant les yeux.

Aris n’en loupe pas une. Quand il annonce leur titre le plus froid (mais sans doute le plus beau), ‘It’s Gonna Be Great‘, il précise qu’ils ont “fait beaucoup d’argent avec”. C’est vrai qu’il est tubesque, ce titre, mais pas autant que le ‘I Will Always Love You‘ de Whitney Houston, qu’Aris entonne durant quelques secondes. Barbara confirme qu’il voulait faire une connerie ; mais Aris lui répond que ce n’était pas ça la connerie qu’il voulait faire. Hilarité générale. On se croirait au Petit Bain Comedy Club. Et deux rappels plus tard, on en demande encore.


Remerciements : Johannes [Petit Bain]

Catégorie : A la une, Concerts
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