Troye Sivan : d’internet aux Etoiles

Classé parmi les 25 ados les plus influents du monde par le Time l’année, Troye Sivan, 20 ans, était de passage pour la première fois en France sur la scène des Etoiles. L’occasion de découvrir un de ceux qu’on appelle désormais “les youtubeurs”. C’est d’ailleurs sans doute en le présentant comme youtubeur ou star d’internet que les bios et les articles parleront de Troye Sivan. Pourtant, le jeune australien né à Johannesburg, est avant tout chanteur.

2007. Fasciné par les chanteurs de son âge, le jeune australien poste sur YouTube des reprises. Tantôt Declan Galbraith, tantôt David Archuleta, qui ont depuis disparu des radars. Il publie la même année un EP de reprises, Dare To Dream, référence au chanteur de country Billy Gilman dont il reprend There’s a hero.

Pendant cinq ans, alors qu’il enchaîne les concerts australiens (notamment à Perth où il vit après avoir quitté l’Afrique du Sud avec ses parents, ses deux frères et sa soeur), Troye grandit avec, et sur internet. Là où sa génération a vu éclore les stars musicales du web (Lily Allen, Arctic Monkeys). Sa voix, change au fil de ses reprises qui engrangent plusieurs centaines de milliers de vues. Pourtant, à l’instar de Cody Simpson, son compatriote qui signera chez Atlantic Records via Scooter Braun (notamment manager de Justin Bieber, Asher Roth et Ariana Grande), Troye ne sera jamais vraiment repéré pour sa musique. A l’été 2012, alors qu’il finit d’enregistrer son second EP, il commence à se mettre en scène dans des vidéos humoristiques et des podcasts. The June Haverly EP sort à la rentrée 2012. Trois titres qui ont pour seul point commun d’être particulièrement bien écrits. L’EP passe inaperçu dans la longue série de publications. L’inverse de l’émouvante vidéo qu’il poste le 7 aout 2013 dans laquelle il évoque pour la première fois publiquement son homosexualité. Trois ans jour pour jour après l’avoir annoncé à ses parents, explique t’il. Il entre à la même époque dans la catégorie très enviée des youtubeurs qui comptent grâce à Tyler Oakley (également youtubeur lifetyle/humour homosexuel) et devient rapidement bankable. Il en profite pour sortir son premier single commercial The Fault In Our Stars, une ballade romantique maladroitement produite qui servira à réunir des fonds pour la Princess Margaret Hospital Foundation. Repéré par EMI Australie, il signe son premier contrat d’artiste.

2014. Lors de la VidCon, convention de vidéastes internautes, Troye annonce la sortie de son premier EP produit par EMI, TRXYE. Le premier extrait, The Fault In Our Stars est reproduit intégralement pour devenir doux et onirique, mais c’est Happy Little Pill qui sera finalement le single, dessinant les contours d’une pop à la production très léchée. Dans la foulée, il signe en management avec Brandon Creed qui gère notamment Bruno Mars et Sara Bareilles. EMI lui fait rencontrer Alex Hope, auteure australienne de Tina Arena, Delta Goodream et 5 Seconds of Summer, qui signera la moitié des titres de son second EP, WILD, et de son premier album Blue Neighbourhood. Elle posera d’ailleurs sa voix sur le très tendre Blue.

YouTube Preview Image

Pour son premier concert français, Troye Sivan joue devant un parterre parisien conquis. La salle, un peu vide à cause du contexte actuel malgré un soldout depuis des mois, connait toutes les chansons déjà sorties. Du sensuel et puissant BITE, écrit après une soirée gay londonienne, qui ouvre le show jusqu’à YOUTH, le dernier extrait de l’album à paraître le 4 décembre, qui le clôt 35 minutes plus tard. Entre fan projects et hurlements, le trop court concert a des allures de show à l’américaine malgré la toute petite salle. A l’aise, Sivan enchaîne ses titres (version album) avec deux musiciens, sourire communicatif aux lèvres et parlant longuement entre chaque morceau. Le tout sous les yeux de son meilleur pote Connor Fantra, lui aussi star de youtube, qui regarde le show du balcon. Tout en lâchant une pop mainstream et abordable, Sivan offre des titres à la fois actuels et soigné, lancinants (Fools) et toujours efficaces, à l’image de Cool. Du low tempo jamais appuyé d’un beat répétitif lourd. Au milieu du concert, Troye en profite pour faire monter sur scène Tkay Maidza (de passage le lendemain au Badaboum) pour DKLA, titre dépouillé mais efficace. Le premier et le meilleur des cinq feats (tous australiens) de l’album, avec Broods, Betty Who, Allday et Alex Hope. Juste après Ease (le duo avec Broods), débute Talk me down. Dernière partie d’une triptyque personnelle de clips (après Wild et Fools), Talk me down portrait la fin de l’enfance de Troye sur fond de rupture difficile et d’homophobie parentale. Touchante et sensible, Talk me down résume à elle seule la courte oeuvre de Sivan.

Sans lui faire l’affront de coller l’étiquette d'”artiste à suivre” à celui qui est déjà suivi par 3 millions de personnes sur YouTube et autant sur Twitter et Facebook, Troye Sivan pourrait bien être l’étendard d’une nouvelle génération d’artistes issus d’internet et affranchis des contraintes des ventes physiques. Et celui d’une pop précise et particulièrement bien produite.

Setlit

Bite
Fools
Cool
DKLA (feat. Tkay Maidza)
Ease
Talk Me Down
Suburbia
Wild
RAPPEL
Happy Little Pill
Youth

Réclame

WILD est déjà disponible chez Capitol
Blue Neighbourhood sort le 4 décembre


Remerciements : Capitol et Alias

Catégorie : A la une, Concerts
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