Underworld au Casino de Paris

Le trio anglais n’est ce soir qu’un duo, Karl Hyde au chant et Darren Price seul aux machines en l’absence de Rick Smith. Dans la salle, l’accent british est partout, et les quarantenaires nostalgiques sont légion. En effet, Underworld fête les vingt ans de Dubnobasswithmyhandman. Pour l’occasion, le groupe a sorti une édition remasterisée de leur premier album électronique devenu un standard du genre.

Underwolrd débute par le très dancefloor et lancinant ‘Dark and Long’, dans une mise en scène extrêmement minimaliste. Les titres des chansons jouées apparaissent derrière le groupe, dans la même typo que celle utilisée sur la pochette de Dubnobass. Le concept de la soirée sera donc de jouer l’album, point barre. Mais qu’importe le flacon, le public a l’ivresse, et le Casino de Paris se mue en club électro, ce qui ne doit pas souvent lui arriver souvent.

Après les quatre premiers titres au bpm plutôt élevé, Hyde empoigne sa telecaster pour entamer l’apaisant ‘Tongue’ et ses arpèges clairs et planants. Ce genre de gimmicks rappelle quelques souvenirs, comme l’intro de ‘Dirty Epic’ avec son sample d’harmonica. L’énergie de ‘Cowgirl’ défoule l’audience, alors que ‘River of Bass’ qui suit, est sans doute le plus monotone : petit à petit, le public anglais commence à parler plus fort que la musique. Et le dernier morceau ‘M.E’ avec Hyde à la basse ne ravive pas plus la flamme.

Karl Hyde était d’habitude plus démonstratif sur scène, avec ses très personnels mouvements oscillant entre aérobic et tecktonik ; sans doute a-t-il pris un petit coup de vieux, mais ce soir il semble surtout un peu à l’ouest, balbutiant quelque peu durant les intermèdes…

Mais l’heure du rappel a sonné, et dès les premières notes de l’anthologique ‘Rez’, la salle explose de joie. Ce tube ne fait pas partie de l’album originel mais a été intelligemment (par intérêt financier ?) ajouté à la ré-édition. C’est d’ailleurs le moment où la mise en scène s’anime avec fumée et lights multicolores virevoltantes. De même, le dernier titre du rappel – le fameux ‘Born Slippy’ popularisé par le film Trainspotting – déclenche une ovation bras en l’air, voire l’hystérie du public sur les passages tribaux.

Le problème majeur, c’est la sempiternelle dissimulation des machines, comme de coutume en électro. Darren Price s’agite derrière une console masquant tous ses faits et gestes. Que fait-il ? Il envoie des séquences, gère des niveaux ou se contente-t-il d’appuyer sur play comme la similarité avec l’album originel pourrait le laisser penser ? D’autant plus qu’ayant remplacé Darren Emerson en 2000, il n’a pas participé à la création des titres joués ce soir.

Un vrai show à l’ancienne, alors que des jeunes pousses comme Fakear vont avoir à cœur de montrer leurs manipulations au public ; quand chez les anciens, même Jean-Michel Jarre tourne ses claviers et machines vers l’assistance quand il officie dans les petites salles… Néanmoins, les morceaux n’ont pas pris une ride, il faudrait maintenant qu’Underworld ressorte un bon album et fasse quelques efforts scéniques…


Remerciements : Claire [Pi-Pole]

Catégorie : A la une, Concerts
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