Beaffle #11 : We Love Disney

Pas plus tard que la semaine dernière sortait We Love Disney entre autres projets de chorales, curés qui chantent et j’en passe et des pires. Une étrange collaboration entre Mercury et Disney dont on sent qu’elle est sortie pour trouver sa place sous les sapins hivernaux entre la PS4 de Kevin et la Smartbox de Janine. Et c’est là que tu te rends compte que Janine rime avec Kevin.
Après nous avoir refourgué Halloween y’a une dizaine d’années, les Etats Unis installent tranquillement la mode des albums de Noël à l’image de la ridicule Mary J Blige qui se la joue Susan Boyle avec un bonnet de noël.

Au programme de We Love Disney on a donc des artistes Mercury, forcément (Elodie Frégé, Nolwenn Leroy, Al.Hy, Olympe, Jennifer) et d’autres labels (Christophe Willem, Zaho ou Rose) qui reprennent les chansons de films Disney connues.

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Bon.

Ersatz de Génération Goldman pour enfants et nostalgiques, We Love Disney surfe en fait sur cette étrange vague marketing qui consiste à faire croire aux gens que la création c’est du passé, que la musique c’était mieux avant et que les artistes de maintenant ne savent plus quoi foutre. C’est sans doute vrai pour les six rescapés de jeux télé qui sont parmi la petite vingtaine de criminels musicaux, mais est-ce bien une généralité ? J’ai envie de répondre : est-ce bien une question ? J’ai envie de répondre aux deux questions sus posées : t’as qu’à écouter Des dièses et des bémols au lieu de te triturer les hormones devant Nabila.

Mais est-ce vraiment incohérent ? Ça c’est une vraie question par contre.
Disney n’a de cesse de trahir des histoires populaires pour se les approprier et en faire des films auto proclamés classiques. Blanche Neige et les Sept Nains était une, pâle adaptation de la Blanche Neige des frères Grimm que le studio a circoncit de toutes les notions initiatiques qu’elle comportait. Histoire que les frères Grimm avait d’ailleurs chourré dans la culture populaire. C’est aussi le premier film de Disney et le premier titre de l’album. Comme le début d’une longue et atroce liste génocidaire qui, heureux hasard, occulte le massacre sans régle du Peter Pan de Barrie qu’on fera passé pour un gentil garçon asexué.

Dans une interview pour RTL, Nolwenn Leroy, la meuf des chants de Bretagne disait : “On se construit, on retrouve tout ce qui fera de nous un adulte à peu près équilibré, on découvre l’amour, l’amitié, la haine, la douleur. Il y a de tout et c’est ça qui est extrêmement sain justement dans les Disney”. Putain mais retourne bouffer ta galette saucisse et viens pas nous donner tes leçons de psychanalyse de comptoir.

Sur les 12 films présentés dans l’album, aucune n’est une histoire originale de Disney. Aucune. Zero. Nada. Les 12 dits grands classiques de Disney ne sont que des redites de contes populaires salement adaptés en leur retirant leur connotation sexuelle, les passages violents, les arguments religieux alors que c’était justement le propos de ces contes que de prévenir les enfants et de commencer à les éduquer comme le démontre magnifiquement Bruno Bettelheim dans Psychanalyse des contes de fées. Et montrer une vie de princesse édulcorée n’attendant qu’un prince pour se marier et avoir des gosses, c’est pas vraiment ça la vie. On sait bien que la princesse se sera fait plus de mecs que la ribambelle de chanteuses de l’album réunies.

Alors est-ce cohérent ? Je ne parle pas des plans culs d’Elogie Frégé et de Ben l’Oncle Soul mais du projet puisque c’était quand même la question du début de ma chronique. Eh bien oui, on ne peut pas leur retirer ça. Des chanteurs sans personnalité qui baragouinent des chansons pré formatées sans aucun effort d‘arrangements ou de production pour servir la soupe d’histoires lissées et sans fond, on peut dire que ça se tient.

Mais est-ce bien utile ? Dis je pour relancer le débat dans cette chronique où de toutes façons je suis le seul à décider de qui et de quoi je parle. Eh bien franchement non. C’est bien sympatoche de sortir de leurs tombes des chanteurs qui ne font plus que des albums hommages en espérant que quelqu’un se rappelle d’eux ou pour tenter d’acquérir une légitimité autre que celle d’un second rôle dans une comédie musicale de troisième zone, mais franchement non seulement c’est pas novateur mais en plus ça devient aussi courant qu’une pute dans le lit de DSK. Alors je sais bien qu’en faisant sortir des morts de terre on a fait Thriller, mais ça c’est fini. Réveillez vous putain, sortez vous les doigts du cul, ça évitera qu’on se mette les notre dans la bouche pour évacuer les conneries que vous nous faites ingurgiter par les oreilles.

Créez, plantez vous, prenez des risques, faites de mauvais albums, mais arrêtez de vous auto caricaturer. Enfin bon visiblement je suis à la bourre parce que Mercury a déjà prévu de faire un We Love Disney 2. Alors bon, allez y, vivez heureux et faites vous beaucoup d’enfants entre vous. Mais vous viendrez pas vous plaindre qu’ils sont bizarres.




Catégorie : Editoriaux
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