Beaffle #7 : Woodkid

Pas plus tard que la semaine dernière, alors que je dragouillais tranquillement Saeptem à l’antenne, que nous refaisions l’année 1978, que je me rappellerais aux bons souvenirs de Patti Smith, que je racontais mes non ébats au Festival Pitchfork, que notre réalisateur coupait le micro à Fred, que nous tapions gentiment sur Michel Sardou, que notre invitée se choquait de mon jingle, que Saeptem disait qu’il préférait Mia à Mia ou l’inverse je sais plus très bien, ET BAH PENDANT CE TEMPS LA : WOODKID JOUAIT IMPUNÉMENT A L’OLYMPIA.

Voila, c’est dit. Je dénonce. Je suis comme ça. Parce que même s’il avait choisi EXPRES une date et un horaire (ou UNE horaire, je sais jamais, mais j’ai la flemme de vérifier parce que quand je vérifie j’oublie pour la fois d’après), bref, L’HORAIRE pour que je ne puisse pas venir, EH BAH JE L’AI VU. Pas le concert hein. Mais qu’il jouait. J’ai Google, j’ai les réseaux sociaux et on me rapporte des choses à moi.

Pour ceux qui arrivent d’un autre (golden) âge, Woodkid c’est Jérôme Lemoine, escroc musical, braqueur artistique, et inventeur de l’auto plagiat.

Non parce que on dirait pas comme ça mais moi à la base je l’aime bien ce Woodkid. Le premier titre Iron était intéressant, ce mélange grandiloquent de cuivres, fracassés par des grosses percussions tribales aussi cools que les tatouages sur les mecs qui font du tuning, n’était pas déplaisant. On sentait déjà à l’époque que l’écriture niaise balancée par sa voix de crooner dépressif n’était fait que pour servir de prétexte à la bande originale de son clip.

Le clip justement : des images de bestioles période Grégoire IX / Célestin IV, des gosses au ralenti type trip sous weed/acide et des références ésotériques aussi profondes que dans le Da Vinci Code. Bon au final ça ressemble plus à une pub pour Thoiry qu’à une bande annonce de Games of Throne mais c’est toujours mieux que Miley Cirus qui se carre une boule de démolition dans le cul.

“Cours garçon, cours“ prévient Jérôme Lemoine pendant sa conquête d’espaces médiatiques entre son EP surestimé et son EP surestimé, long, qu’il a appelé album. Et là commence la spirale onanico-mediaco-parisienne. Woodkid devient un génie. Rive droite il déflore un nouveau territoire de la réalisation. De l’autre côté, il invente un courant musical profondément novateur. Vice et les Inrocks donnent le ton, et presque 2 ans après l’artiste en bois sort sa merde douloureuse.

Et depuis, l’escroquerie dure. En deux ans Woodkid est passé du bois rare au bois de Boulogne et se répète à chacune de ses réalisations. Le mec balance des gosses qui courent et des bestioles dans tous ses clips, dans les clips qu’il fait pour les autres et même dans la pub où il fait carrément lui même la musique. Bim, double cachet. Un genre d’Ocean Twelve version musique.

Côté album, rien à voir non plus. The Golden Age commence par un piano-voix touchant puis vomit pendant une heure des barrissements pompeux et prétentieux qui fait de son bordel une espèce de frasque épico-casse-couille. Finalement tout semble n’être pensé que pour faire des musiques de pub ou de film.

Alors on peut se dire : ouais mais en live ça doit donner quand même. Bah même pas. Après avoir lamentablement échoué à son premier concert au Grand Rex devant environ tous les gens de la musique de Paris, puis renouvelle son échec à la Tour Eiffel et tente depuis une tournée. Sauf que non. Non. Non non, c’est de la merde en live aussi. Orchestre intéressant, arrangements de l’album, charisme de poulpe anémique, Woodkid ne distrait pas, Woodkid ne captive pas, Woodkid ne passionne pas, Wookid fait juste chier. Même ses projections, qui auraient pourtant être pu son point fort n’ont aucun intérêt et sont même passablement moches.

Alors tu vois finalement mon petit Wood, permets moi de t’appeler Wood, je t’en veux pas trop en fait d’avoir fait ton concert pendant l’émission. Au moins je suis sur d’y avoir échappé. Non parce que à force tu vois Woodkid tu me saoules, ton nom me saoules, ton image me saoule… et c’est moi qui ai la gueule de bois.




Catégorie : Editoriaux
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