Skip the support

Ma vie de blogueur est formidable. Depuis que j’ai commencé à musicaliser mes maintes déblatérations de conneries j’ai eu la chance d’accéder auxchoses réservées à une certaine élite. Celle qui se complait à croire qu’elle décide pour les autres, celle des journaux, des labels, des productions, des éditeurs, des distributeurs. Celle qui un jour t’explique que t’es devenu influent et qui finit par t’accepter comme si tu en faisais naturellement partie.

J’ai eu l’occasion d’échanger avec des gens que j’écoutais sur l’autoradio de mes parents (Maxime Le Forestier, Julien Clerc, Zazie…), ceux qui ont forgé ma culture musicale (Noir Désir, Patti Smith, AC/DC…) ou ceux que tout le monde voudrait toucher (Justin Bieber, Lady Gaga, One Direction…). Mais s’il y a une chose dont je suis fier et dont je me prévaux c’est d’avoir rencontrer des gens formidables. Des attachés de presse, des directeurs artistiques, des réalisateurs, des blogueurs, des journalistes et aussi quelques artistes qui sont parfois devenus des connaissances, des amis, voire des proches.
En y repensant de temps à autre, c’est ça qui fait que j’ai encore envie d’écrire mes conneries et d’en filmer. Le plaisir de découvrir de faire découvrir et de suivre les carrières de ceux qui parfois n’ont même pas une maquette enregistrée quand tu les croises la première fois.

Parmi eux, Skip the use qui revenait a Paris ce mercredi pour jouer sur scène son disque d’or Can’t be late sur la mythique scène de l’Olympia où j’étais venu voir Muse la veille. C’était peut être la vingtième fois que je vois “les Skip” sur scène. je les avais découvert au hasard de mes pérégrinations du printemps 2008 où je me promenais au Festival Chorus (que j’avais découvert parce que je suivis Shaka Ponk qui jouait la veille). En final du tremplin Chorus jouait Skip the use. Comme d’autres, je les ai longuement suivi. Quelques mois après, je reçois leur premier album qui me séduit puis les filme en collaboration avec l’excellente agence promo Ephélide pour Soul Kitchen que j’avais créé un peu auparavant. On ne s’est jamais vraiment quittés depuis. Des Primeurs de Massy à la Grande Scène de Solidays, des showcases aux plateaux télés, j’ai du voir les nordistes une vingtaine de fois en live, peut-être plus.

Depuis, Skip the use est passé par la case Polydor qui m’avait gentiment demandé de venir introduire le groupe et présenter l’album à sa release party. Ca m’a d’ailleurs valu tout un tas de petites dédicaces personnelles au milieu de chaque concert. Un remerciement, un check, une bise. Des attentions inutiles et sans intérêt mais qui en réalité satisfaisaient assez mon égo pour que j’ai l’impression de ne pas perdre mon temps. Parce que quoi qu’on en dise, la reconnaissance reste une marque importante dans un milieu ou tout se fait de plus en plus vite et de plus en plus mal.

C’est donc en terrain conquis et serein que je venais admirer ce premier Olympia de mes presqu’amis. Pas tellement que mon avis puisse compter ni même parce qu’ils auraient besoin de ma promotion pour exister, mais simplement parce que j’ai envie de voir ça, d’en profiter et d’en sortir quelques sympathiques images de ce groupe si photogénique. Prenant les devant, je demande bien avant le concert la possibilité de le photographier en intégralité (la plupart étant limités à 3 titres).

Sauf que la reconnaissance à une date limite de péremption, et elle n’est pas universelle. Juste après que Mat soit venu me saluer dans la fosse, les vigiles font sortir les photographes dans l’escalier qui mène à la rue sans possibilité de négociation. De retour devant le bureau des accréditations, on m’explique que personne ne peut répondre à ma demande. Que plus personne n’est disponible pour résoudre mon problème. Et ce pendant 40 minutes.

On me reprochera surement de vouloir toujours plus, de faire le VIP, de demander des privilèges… Mais non. J’ai juste envie de croire que derrière l’art des contrats et des maisons de disques il reste un art sincère où l’humain et l’affectif ont encore une valeur. Parce que bien que ma vie de blogueur dit influent me procure divers goodies, albums et places de concerts gratos elle ne me faire pas vivre financièrement. D’ailleurs je ne le souhaite pas, je préfère garder mon indépendance pour pouvoir dire les conneries qui me plaisent. C’est pourquoi les seules motivations que j’ai ne sont que celles du plaisir et de l’affectif.

Ce soir je n’ai pas vu Skip the use. Je ne suis pas énervé. Simplement déçu. Et triste.


Remerciements : Polydor

Catégorie : Editoriaux
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5 réactions »

  • Steve :

    C’est la triste réalité du monde de la Photo et du monde artistique de façon plus général cher ami. Comme beaucoup d’autre choses dans la vie, ça fait toujours mal au c..

  • Mathias :

    Il y a un paramètre important à mes yeux qu’il ne faut pas négliger : ça se passe à l’Olympia. Et j’ai déjà constaté à plusieurs reprises et à mes dépens que le service d’ordre de l’Olympia reste très indépendant vis à vis des directives des labels !

    Je te rejoins sur un autre point que j’ai toujours trouvé absurde : quand on est un label, un tourneur ou un salle de concert, comment peut-on proposer un service cohérent où personne n’est joignable pendant le concert ??

  • Bebopix :

    Salut Benjamin, je les ai suivis d’un peu plus loin depuis quelque temps. Ma première en photo avec eux, c’était lors de cette fameuse release party que tu évoques. Puis je suis retourné les shooter au Bataclan. A ces deux reprises j’ai eu ce sentiment amer que mes compatriotes nordistes commençaient à être rongés par un système qui les dépassait. Ça m’a fait flipper, à tel point que je ne les sentais plus, les voyant se rebeller intérieurement contre ce qu’on leur imposait, promo en chaîne, public qui n’était plus vraiment le leur mais celui de la production et des multiples partenaires commerciaux. Je n’ai pas demandé d’accréditation pour cette raison. Ne souhaitant pas cautionner le système, me disant que ma prochaine foi serait dans la fosse, pour profiter de leur show, car ce sont de vrais showmen. Je leur souhaite longue vie, mais pas nécessairement celle là…
    Quant à toi, garde la foi, celle du photographe qui, quand bien même il se fait refouler à l’entrée alors qu’il avait tout négocié avant, trouve toujours un moyen d’y être, d’en être !

  • Erwan :

    Intéressant ton témoignage.
    Mais je ne suis pas sûr que les membres du groupe soient au courant de ce qui t’es arrivé.

    Et puis comme tu dois le savoir, l’industrie de la musique n’a rien à voir avec l’art, la sincérité, l’humain où l’affectif. C’est un commerce qui génèrent des milions d’euros de bénéfice, fait vivre une économie entière (médias, graphisme, vidéos, techniciens, fabricant de t-shirs, tourneur, labels et j’en passe…) et qui fonctionne avec les règles de la grande distribution. Remplace le camembert par l’album de “Skip the use”.
    Et ce n’est pas parce que l’alcool ou la coke peuvent rendre les échanges plus amicaux qu’ils le sont réellement.
    Cela n’enlève rien à la passion et la sincérité de la démarche qui peut animer les artistes (artisans disons pour la plupart). Cela n’enlève rien au plaisir qu’on peut avoir à écouter leur musique.
    Et c’est ça le plus important à mon sens.

  • Piks :

    L’usage veut que les photos soient possibles que durant les trois premières chansons, c’est normal que après la troisième chanson les photographes soient dégagés : être un fan qui croit que le groupe lui est redevable de quelque chose ne change rien, il n’y a aucune raison que tu sois l’unique photographe qui reste tout devant à faire des photos.

Et toi t'en penses quoi ?

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