Julianna Barwick & Mary Lattimore à la Cité de la Musique
A l’occasion du passage de Julianna Barwick et Mary Lattimore à Paris, la Philharmonie proposait une Nuit Expérimentale dans la Cité de la Musique. En effet, c’est dans ce musée que les deux musiciennes ont été invitées à composer un album ensemble, s’essayant aux instruments anciens et rares proposés en exposition. Le résultat a donné un album magnétique : Tragic Magic.
Le public est donc parti pour un parcours d’une heure et demie à travers le musée. Tout débute par une longue intro sur une vielle à roue jouée par Yann Gourdon. L’ambiance est à la méditation, mais pas le temps de s’endormir que l’on repart pour une deuxième scène, cette fois-ci pour découvrir Wassim Halal, virtuose de la darbouka qu’il enregistre pour faire des boucles et développe à l’aide de pédales de réverbérations, pour un résultat métallique. Au milieu des clavecins, ce mélange électro est assez étonnant. Le lien avec l’album de Julianna Barwick et Mary Lattimore est quelque peu ténu, mais on apprécie ce mélange de genres, entre musique traditionnelle et moderne.
Julianna Barwick et Mary Lattimore

Les deux musiciennes, qui se côtoient depuis de longues années, ont composé leur album en dix jours à la Cité de la Musique. Julianna Barwick, reconnue pour ses boucles ambient et Mary Lattimore, harpiste tout terrain, toutes deux férues de musique expérimentale ont laissé leur inspiration s’amuser avec la collection inestimable d’instruments du musée.
Le duo démarre par ‘Perpetual Adoration” qui leur est venue lors d’une visite du Sacré Coeur, au cours de leur séjour parisien. Mary Lattimore joue sur une harpe Érard à double mouvement datant de 1873, et Julianna Barwick sur un synthétiseur PROPHET 5 de 1975. Puis elles proposent une reprise de la bande son de Blade Runner, qui donne un côté Fantasia à la soirée. Elles racontent que lorsqu’elles étaient en train de composer en France, la Californie était ravagée par les feux, et que cette musique était comme de la pluie qui tombe pour éteindre les incendies.
Le duo enchaîne sur ‘The Four Sleeping Princesses’. Le titre vient d’une remarque de Alexandre Cazac, fondateur du label Infiné qui a sorti cet album inédit. Pour lui, ces instruments étaient comme des princesses qui étaient endormies et que les musiciennes venaient sortir de leur torpeur. Julianna Barwick et Mary Lattimore en profitent pour remercier à nouveau le musée et le label, car “On aura jamais la chance de rejouer sur ces instruments“. La harpiste remercie aussi la luthière pour son aide dans l’accordage.
La voix très éthérée de Julianna Barwick ensorcelle sur ‘Melted Moon’, puis les musiciennes livrent ‘Temple of the Winds’ un morceau composé à leur intention par Roger Eno, frère du célèbre Brian Eno. Mary Lattimore lâche un “I don’t want it to be over” mais le concert, beaucoup trop court, touche à sa fin.
Catégorie : A la une, Concerts
Artiste(s) : Julianna Barwick, Mary Lattimore
Salle(s) : Cité de la Musique
Evenement(s) : Nuit Experimentale
Production(s) : InFiné
Ville(s) : Paris

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