Uche Yara et Jahz Armando au Pop Up du Label
Trois jours avant de faire vibrer la Gaîté Lyrique pour l’ARTE Concert Festival, Uche Yara posait ses valises au Pop Up du Label. Sur la petite scène de la rue Abel, l’artiste autrichienne installée à Berlin est venue défendre son premier album, BODYSCANNER. En ouverture, Jahz Armando a offert un set de slam habité.

Jahz Armando
Lauréate du tremplin Rappeuses en liberté, Jahz Armando est aussi comédienne, et ça se voit. Entre les morceaux, elle ne quitte jamais tout à fait son personnage. Elle donne le ton dès les premiers mots : il faut « soigner nos imaginaires pour changer la réalité ».
Elle replonge ensuite dans l’histoire, celle de la conférence de Berlin en 1885, quand les dirigeants européens ont tracé à la règle les frontières de l’Afrique. Le set vire à la rage, où elle désabusée, elle affirme ne plus croire en rien.
Jahz Armando plonge ensuite dans l’intime en diffusant un extrait d’un message de sa grand-mère, avant de confier qu’elle ne se reconnaît pas dans les mots, mais dans la musique et le silence. Le final est émotionnel : elle se demande s’il reste de la place au paradis, puis affirme : le paradis, c’est l’amour de soi et l’amour des autres. Un set de slam poetry intense, qui a su capter l’attention d’une salle encore en train de se remplir.
Uche Yara
Tout d’abord, Uche Yara se laisse regarder. Pendant l’intro, l’artiste reste immobile, très à l’aise sous le regard du public. Une incantation monte, le concert est lancé, elle met son casque sur les oreilles, et la salle commence à danser. Elle invite tout le monde qui le souhaite à monter sur scène, et le Pop Up du Label se transforme en club.
Elle enchaîne avec ‘ring ring”, très incisif, puis elle salue la foule et empoigne une guitare. Un claquement de doigts suffit et tout le monde la suit : Uche Yara est une vraie leadeuse. « What do we do? Write history », lance-t-elle, avant d’inviter ses divas, trois danseuses, à la rejoindre pour ‘DIVA CLUB’. La scène minuscule se remplit de plus en plus. Les règles du « diva club » sont simples : prendre soin les uns des autres et respecter les limites de chacun. Elle demande donc au public de prendre le temps de se dire bonjour.
Sur ‘sloppy kisser (doit doit doit)’, elle se place au milieu de ses danseuses, pour une session voguing. Le set devient transcendant sur ‘hello hello’. Elle s’interrompt alors pour remercier la salle d’être venus par ces temps agités, et encourage à chérir ce moment de communauté.
Le son se fait ensuite plus rugueux avec ‘Holden On’, à l’intro qui rappelle The Prodigy, tout en gardant cette touche Benjamin Lazar Davis. Elle enchaîne avec ‘FUGAZI‘, puis la foule reprend le refrain de ‘be something’ en choeur.
Uche Yara revient ensuite sur l’une de ses premières sorties, plus reggae, très positive, qu’elle aime toujours autant. « We are taking our space », lance-t-elle, pendant que les danseuses assurent. Arrive ‘BODYSCANNER’, le morceau phare de l’album. Très tribal, il parle aux tripes, et Uche Yara fait durer le plaisir. Pour le final, un riff de guitare rallume la mèche, et le Pop Up du Label finit la soirée en plein clubbing.
Remerciements : Melissa Phulpin
Catégorie : A la une, Concerts
Artiste(s) : Jahz Armando, Uche Yara
Salle(s) : Pop Up du Label
Ville(s) : Paris

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